12.11.2009

Nokia, une vision de la mobilité en 2015

09.11.2009

Socialnomics

Pour ceux qui pensent encore que les médias sociaux sont un épiphénomène.
Naturellement gardons toujours un oeil avisé sur des chiffres dont on ne connaît pas toujours bien l'origine ou le mode de recueil et qui  véhiculeraient, notamment au pays de Descartes, une sorte de "pensée magique" auto-réalisatrice.

05.04.2009

Le 6ème sens, l'information flottante et projetée

A la vue de cette video qui est une démo (ça commence réellement à 1minute 50 environ) on peut se demander si nombre de "prothèses" physiques émettrices /réceptrices d'informations (pda, smartphones, gps, montre...) ne sont pas vouées à s'effacer au profit d'un dispositif que nous nommerons Interface flottante et projetée.

Le dispositif présentée est la combinaison d'une mini caméra, d’un mini projecteur, d’un miroir et d’un téléphone, ainsi que des pastilles colorées portées au bout des doigts jouant le rôle de capteurs / actuateurs.
Il est l'oeuvre de Pattie Maes et de ses étudiants du MIT.

Le dispositif est certes toujours portable mais l'interface de visualisation, réception ..n'est plus l'objet portable en lui même mais le monde physIque qui nous entoure, toutes surfaces, objets extérieurs, individus même, peuvent devenir fenêtre de consultation flottante.

 

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03.03.2009

Interface tactile 2019

Une vision de Microsoft

 

06.02.2009

Entreprise 2018 - Ultimate Version

La version définitive de l'ouvrage "Entreprise 2018" qui à réuni plus d'une cinquantaine d'auteurs, experts, praticiens, sous la direction de René Duringer (Directeur de la prospective et du congrès de l’Ordre des Experts Comptables, animateur de Smartfutur) est désormais en ligne.

L'e-book en pdf téléchargeable (308 pages) consacre notamment un chapitre au Marketing : "Marketing & Entreprise2018" (p.202)

auquel j'ai contribué sous le titre , "Marketing du Futur, Esquisse des possibles" (pages 202 à 210).

Bonne lecture

Denis FAILLY

Entreprise2018 Version definitive ultimate fevrier 2009

28.11.2008

L'Internet de 2020 : une rupture de civilisation

 

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Une contribution de Joël de Rosnay* (3/3)


Ici encore, une approche systémique, l'examen au Macroscope, permet d'élargir les éléments technologiques décrits précédemment jusqu'à une vision plus globale qui rend compte du passage d'une économie énergétique de production de masse à une économie de la demande fondée sur l'information. Ce qui représente un véritable changement de civilisation.En effet, nos modèles traditionnels vont être remis en cause : le travail, l'innovation (constituée et amplifiée par des interventions créatives interdépendantes), les systèmes de rémunération, les règles de l'échange, la création de valeur, jusqu'au rôle et à la structure des familles, la nature de la démocratie, les institutions internationales et, bien sûr, la mondialisation économique et financière avec ses retombées sur la vie des citoyens. Les industriels et les politiques n'ont pas encore vraiment compris à quel point leurs modèles politiques, institutionnels et économiques sont devenus obsolètes.

La liberté que je prône pour les " pronétaires " est une réaction au manque de liberté actuelle face à des groupes puissants. Ceux qui créent, parfois volontairement, la rareté (voire la peur de manquer), pour contraindre les consommateurs (passifs) à passer par leurs vecteurs de diffusion ou de distribution, réalisent de ce fait des profits disproportionnés par rapport au nécessaire partage des ressources dans une économie plurielle (entre économies marchande, publique et solidaire).

À condition qu'elle trouve les moyens de son autonomie, en particulier financière, et ne soit pas condamnée à la précarité, cette nouvelle forme de liberté conduira à voir proliférer de plus en plus fréquemment, sur l'Internet de 2020, des " entreprises unipersonnelles multinationales ". Elles abriteront les dizaines de millions d" actionnaires " de demain : tous ceux qui participeront, rémunérés ou non, dans l'intérêt du plus grand nombre, à la création collaborative de logiciels libres, de contenus éducatifs, d'émissions de télévision, de musique ou de livres. Les consommateurs, de " passifs ", deviennent déjà - en tout cas ceux qui le souhaitent ou le peuvent - des " consomm-auteurs ". Des talents existent. La communication transversale (tous vers tous), la comparaison et la " recommandation " mutuelle les font émerger. Sauf que, aujourd'hui encore, pour être publié, édité, diffusé, vu à la télé, il faut passer par des comités de sélection favorisant les talents déjà confirmés. C'est pourquoi nombre de jeunes se font connaître directement sur le Net, notamment grâce à la licence gratuite Creative Commons, sous laquelle est d'ailleurs publiée La Révolte du Pronétariat, livre dans lequel je décris plus en détail cette évolution.

De telles mutations ne se réaliseront pas, d'ici à 2020, sans heurts avec les conservatismes industriels, politiques, religieux, entre une société vieillissante et sa jeunesse émergente, en particulier dans les pays en développement. On peut s'attendre à ce que l'Internet du futur et ses outils d'interrelation créative, liés à l'émergence d'une forme d'intelligence collaborative, voient se manifester plus souvent dans les pays en développement que dans les pays industriels traditionnels les innovations déterminantes pour l'avenir de nos sociétés. Il s'agira d'une révolution complète de nos institutions, signe d'une véritable rupture de civilisation avec le mode de consommation et de production actuel, dominé par les mass médias et par la collusion entre pouvoirs médiatiques et pouvoirs politiques, que nous subissons depuis plus d'un demi-siècle.

Il convient cependant d'être vigilant sur l'application des principes mêmes de l'économie de la gratuité ". S'ils n'y prennent garde, la récupération par les infocapitalistes guette les pronétaires. On propose du gratuit pour attirer et capturer des usagers et les vendre ensuite à des annonceurs ou les valoriser en Bourse ! Autres questions fondamentales liées à l'Internet du futur : à quoi va conduire la gratuité de la reproduction numérique et des logiciels libres comme nouveaux biens publics, sans un revenu garanti ? L'autre face de cette coopération gratuite née dès notre entrée dans l'ère de l'information ne risque-t-elle pas de mener à une nouvelle précarité ? Quel sera donc le prix de l'absence des cadres institutionnels adaptés ?

Joël de Rosnay


*Joël de Rosnay, Docteur ès Sciences, est Président exécutif de Biotics International et Conseiller du Président de la Cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette dont il a été le Directeur de la Prospective et de l'Evaluation jusqu'en juillet 2002 . Entre 1975 et 1984, il a été Directeur des Applications de la Recherche à l'Institut Pasteur.Ancien chercheur et enseignant au Massachusetts Institute of Technology (MIT) dans le domaine de la biologie et de l'informatique, il a été successivement Attaché Scientifique auprès de l'Ambassade de France aux Etats-Unis et Directeur Scientifique à la Société Européenne pour le Développement des Entreprises (société de "Venture capital").
Conférencier, Il est l'auteur de plus d'une quinzaine d'ouvrages dont pour les plus récents :

-"2020 Les Scénarios du Futur" , Editions Des idées des Hommes - 2007; voir notre interview pour les Entretiens du Futur ici :
http://entretiens-du-futur.blogspirit.com/archive/2007/05...

-"La révolte du pronétariat, des mass media aux medias des masses", Editions Fayard-Transversales - 2006, avec la collaboration de Carlo Revelli.

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L'Internet des objets

 

 

 

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Une contribution de Joël de Rosnay* (2/3)

 

En novembre 2005 à Tunis s'est déroulé le Sommet mondial sur la société de l'information. L'Internet des objets (Internet of things) était à l'ordre du jour. Il représente certes des avantages, mais aussi un danger potentiel, les exemples suivants le montreront.


Objets familiers

Les objets familiers vont de plus en plus communiquer avec nous. Il peut s'agir de nos clés de voiture, d'un parapluie, de notre téléphone portable, d'un sac à main... Ces objets seront dotés de puces électroniques " RFID " (radio frequency identification). Ces petites puces sont capables d'émettre et de recevoir à distance, par ondes radio, vers une balise, un PDA, un téléphone portable… Ces balises envoient un signal qui " interroge " la puce. Celle-ci répond : " Je suis là ! Je mesure tel paramètre " par exemple.
Qui n'a pas égaré sa voiture dans un parking ? Avec cet appareil intégré à votre trousseau de clés, une sorte de petite boussole équipée d'une aiguille indiquera dans quelle direction est garée votre voiture, laquelle allumera ses phares à votre approche… Il en sera de même avec votre téléphone portable ou tout autre objet égaré.


Biométrie

Au premier semestre 2006, la Cité des sciences a consacré une exposition à la biométrie. Bien sûr, on connaît déjà l'empreinte digitale. En revanche, on connaît beaucoup moins l'iris de l'œil, la voix et un certain nombre de signes biométriques facilement reconnaissables comme le dessus de la main ou l'oreille. La biométrie est de plus en plus utilisée dans le domaine de la sécurité, par exemple pour se connecter à un ordinateur ou entrer dans une zone protégée.
Au lieu de retenir mots de passe et codes secrets (du digicode à son numéro de carte de crédit…), un appareil connecté à la prise USB de son PC reconnaît l'empreinte digitale (ou l'iris, ou la voix) de l'utilisateur et l'autorise à entrer dans le programme, la maison ou la zone réservée. Après avoir tapé son code, on applique l'empreinte de son pouce sur une touche tactile du boîtier. La fois suivante, cette opération ne sera plus nécessaire car il suffira d'apposer son pouce sur la zone sensible pour que, automatiquement, la mémoire de la petite boîte, connectée à la prise USB, transmette le bon code.


Personnalisation


Imaginez que vous pénétrez dans un environnement et que celui-ci vous identifie personnellement. L'environnement ajuste immédiatement la température de la pièce, diffuse une musique que vous appréciez ou charge sur le PC le dernier logiciel sur lequel vous avez travaillé lorsque vous avez séjourné dans cet espace. Les aspects pratiques sont évidents, mais cette personnalisation à outrance peut également se révéler inquiétante, comme on le verra.


Périphériques ou " téléphériques " ?

On a beaucoup parlé des périphériques, que je préfère appeler " téléphériques "… Rien à voir avec la montagne évidemment, il s'agit de ces objets portables (clés USB ou autres DVD) que l'on connecte sur n'importe quel PC.
Certaines clés USB contiennent tous les programmes d'un vrai ordinateur. Quand vous les branchez sur un PC qui n'est pas le vôtre, l'ordinateur inconnu charge une configuration identique à celle de votre propre PC. Vous avez l'impression de travailler sur votre ordinateur habituel. Il s'est " booté ", disent les informaticiens. Quand vous retirez cette clé, un système de sécurité détruit automatiquement tous les fichiers que vous avez créés ou utilisés, ce qui ne laisse aucune trace sur le PC de l'hôte. Inutile de préciser que cette clé est très précieuse et que vous n'avez pas intérêt à la perdre… Dans l'Internet du futur, on n'emportera pas toujours son ordinateur ou son PC portable avec soi. On prendra vite l'habitude de se déplacer avec un trousseau de clés USB...


Capteurs intelligents


Les capteurs intelligents sont très utiles pour mesurer la température des bâtiments et réaliser des économies d'énergie. Ces capteurs peuvent aussi détecter des individus en train de s'introduire dans un espace protégé (banque, entrepôt, usine…) et prendre des photos ou des vidéos de quelques dizaines de minutes.
La société Nokia propose un téléphone " M2M " (machine to machine), qui permet d'envoyer des instructions à des machines situées à distance, déclenchant par exemple le bouton de mise en route du chauffage. La chaudière sera équipée d'un téléphone, sans cadran ni clavier bien sûr. C'est une puce électronique qui contiendra les caractéristiques du téléphone classique. Ainsi, quelques jours avant de rejoindre sa maison de campagne, le propriétaire pourra envoyer un SMS au numéro de la chaudière (enregistré dans le répertoire de son téléphone) pour qu'elle allume le chauffage. La chaudière vérifiera au préalable si elle peut ou non se mettre en marche. Si elle ne peut pas démarrer (par exemple parce que la visite de maintenance n'a pas été effectuée dans les délais), son téléphone renverra un SMS ou un message vocal préenregistré indiquant qu'il est impossible de déclencher la chaudière et proposera de contacter directement le réparateur. Si le propriétaire répond " oui ", le système enverra alors un SMS (ou un message vocal) au dépanneur. Voilà en quoi consistent les réseaux de capteurs sur Internet et le langage M2M.

Joël de Rosnay

 

*Joël de Rosnay, Docteur ès Sciences, est Président exécutif de Biotics International et Conseiller du Président de la Cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette dont il a été le Directeur de la Prospective et de l'Evaluation jusqu'en juillet 2002 . Entre 1975 et 1984, il a été Directeur des Applications de la Recherche à l'Institut Pasteur.Ancien chercheur et enseignant au Massachusetts Institute of Technology (MIT) dans le domaine de la biologie et de l'informatique, il a été successivement Attaché Scientifique auprès de l'Ambassade de France aux Etats-Unis et Directeur Scientifique à la Société Européenne pour le Développement des Entreprises (société de "Venture capital").
Conférencier, Il est l'auteur de plus d'une quinzaine d'ouvrages dont pour les plus récents :

-"2020 Les Scénarios du Futur" , Editions Des idées des Hommes - 2007; voir notre interview pour les Entretiens du Futur ici :
http://entretiens-du-futur.blogspirit.com/archive/2007/05...

-"La révolte du pronétariat, des mass media aux medias des masses", Editions Fayard-Transversales - 2006, avec la collaboration de Carlo Revelli.

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26.11.2008

Un Internet de plus en plus mobile



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Une contribution de Joël de Rosnay* (1/3)

Chacun aura son petit ordinateur personnel nomade, un mini-PC que l'on pourra emporter partout avec soi, un peu comme les managers avec leur inséparable BlackBerry (organiseur de poche)… D'autres continueront d'utiliser un stylo, mais pas n'importe lequel : un modèle innovant comme celui mis au point par la société Logitech, qui permet d'écrire sur un papier spécial. Les caractères sont numérisés et transmis à l'organiseur ou au PC grâce à un émetteur Bluetooth situé à l'extrémité du stylo. Quant au Digital Pen, il enregistre les mouvements du stylo grâce à un clip fixé sur le bloc-notes. Le procédé est donc un peu différent puisque ce sont les déplacements du stylo sur le bloc qui s'inscrivent sur un écran numérique pour être transférés sur un tableau situé à distance ou sur un ordinateur.

Avec DragonDictate ou ViaVoice d'IBM, deux logiciels qui offrent de substituer la dictée automatique à la frappe, taper sur un clavier devient superflu. Quiconque, équipé d'un microphone et d'un casque sans fil, peut circuler librement tout en dictant des phrases à son PC, lequel écrit directement en format Word à l'écran. Certaines de ces technologies existent déjà, ou seront téléchargeables sur l'Internet de demain.

Un autre exemple possible : une adolescente pourra communiquer avec ses amies grâce à un téléphone-écran se portant, comme une montre, au poignet. L'écran sera souple, comme il en existe déjà. Quand la jeune fille se connectera, elle entendra son amie. Les deux ados pourront proposer à un de leurs camarades de les rejoindre alors que celui-ci se promène au milieu de la foule, dans les rues de Londres. Une fois repéré grâce à la localisation GPS, le garçon, équipé du même appareil, pourra accepter ou non de se connecter et envoyer un message via la messagerie ou leur parler grâce à son téléphone-écran.

On peut encore imaginer que, d'ici à 2020, les guides d'un musée scientifique, par exemple, pourront communiquer avec les visiteurs par l'intermédiaire d'un écran transparent qui s'afficherait sur leur poignet, comme une montre dotée d'un écran large et souple. Un " journal du futur " pourrait être projeté sur cet écran, lui-même connecté au réseau Intranet du musée ou à un réseau extérieur.

Il existe des quantités de situations possibles grâce à ces nouveaux outils. Une personne pourra rester en contact permanent avec ses parents ou ses enfants. Ainsi, une mère pourra suivre les déplacements de son enfant sur l'écran fixé à son bracelet, et lui rappeler qu'il doit aller à son cours de musique... De retour à la maison, cet enfant chaussera sa paire de lunettes spéciales, connectée à l'Internet du futur, et suivra un match de football sur l'écran flottant projeté devant ses lunettes. Tout en regardant le match, il pourra accéder à des informations sur les joueurs ou à des statistiques sur les actions, les buts, etc.

L'Internet du futur offrira de nouvelles applications dans le secteur de la santé également. Par exemple, un patient (ou un sportif) pourra être suivi médicalement par des spécialistes l'informant en permanence de son état de santé. Même la pratique quotidienne du vélo d'appartement pourra connaître une petite révolution. Un vélo un peu particulier, équipé d'un écran et connecté en permanence à un centre médical, transmettra chaque jour aux médecins des informations sur l'état de santé du patient (paramètres cardiaques, tension artérielle, etc.). Il sera alors aisé d'adapter l'entraînement en fonction des progrès ou des difficultés du patient ou du sportif, ou de lui conseiller une alimentation correspondant à la quantité de calories nécessaires pour accomplir un effort donné

Toutes ces nouveautés, l'Internet mobile, les outils de communication à haut débit, les systèmes de communication personnalisés, etc., donnent une idée du " mobile Net " de demain.

Parmi les différents services en train de naître sur cet Internet de demain, les plus remarquables sont certainement la mutualisation des réseaux d'ordinateurs, les nouveaux moteurs de recherche et les nouveaux services dédiés à l'éducation (ou " e-éducation ").


Grid computing


Grâce à l'Internet à haut débit, il est déjà possible de connecter entre eux des PC situés en des endroits différents : ce réseau d'ordinateurs est aussi appelé grid computing (ou grid). La France fait partie d'un grand réseau international de grid computing. De même, en Suisse et en Italie, les ordinateurs qui ne travaillent pas en permanence peuvent offrir une partie de leur " temps libre " à l'exécution de tâches mutualisées (en collaboration avec d'autres ordinateurs donc). La puissance de calcul est telle qu'il est possible de réaliser des opérations impraticables jusqu'à présent, notamment des simulations, des calculs, de la génomique (l'étude des gènes), de la prévision météo (en particulier à des fins militaires) ou des jeux massive multi-users online games (MMOG) qui se déroulent à l'échelle internationale. Dix mille, cent mille, cent cinquante mille joueurs ou plus, représentés sous forme d'avatars, participent à des jeux en ligne, connectés via ces ordinateurs en réseaux. Dans quelques années, ces PC interreliés pourront être utilisés à d'autres fins, proposant par exemple une forme d'éducation mutualisée à l'échelle


Web intuitif


Les moteurs de recherche (Google, Exalead ou Yahoo) que les internautes du monde utilisent quotidiennement proposeront eux aussi de nouvelles applications dans l'Internet du futur. Pour les non-pratiquants du Net, je précise que ces moteurs de recherche, constitués d'ordinateurs en réseau, acceptent les requêtes par mots-clés sur tous les sujets possibles. Les réponses obtenues, classées par ordre de pertinence par rapport à la question posée, apparaissent sous forme de listes de références ou d'informations cliquables.

Grâce à ces robots logiciels, le " Web sémantique " va émerger en 2020. Il s'agira d'un Web " intuitif " : au lieu de répondre à votre recherche en recommandant un ou plusieurs sites à visiter, le Web intuitif établira des liens entre vos demandes précédentes. L'historique de vos requêtes sera mémorisé sur votre PC (avec votre accord bien sûr). Cet historique permettra de placer votre demande dans un contexte plus large et, ainsi, d'augmenter vos chances d'affiner vos recherches et d'apporter une réponse plus pertinente. Cette technique va radicalement modifier le travail de recherche.

Des chercheurs utilisent déjà différents types de robots logiciels, mais les moteurs de recherche du Web intuitif vont créer une série de nouveaux services, ou " Web services ".

Les services de mutualisation entre usagers vont ainsi se développer. La mutualisation a démarré avec le téléchargement de musiques sur le Net. On estime que soixante-deux millions de jeunes ont déjà pratiqué le téléchargement grâce aux logiciels Napster ou Gnutella. La musique téléchargée est stockée sur les PC d'autres utilisateurs, qui peuvent à leur tour télécharger des morceaux de n'importe quel artiste. On connaît les problèmes juridiques que le téléchargement pose en matière de reproduction et de droits d'auteur. Le téléchargement touche également la vidéo, avec des logiciels comme BitTorrent, ou la nouvelle télévision en pair à pair (P2P), lancée en 2007 sous le nom de Joost par Janus Friis et Niklas Zennström, les créateurs de Kazaa et de Skype.

Parmi les nombreux Web services, l'un des plus importants reste le téléphone en P2P, avec Skype notamment. Contrairement au téléchargement illégal de musique (c'est-à-dire télécharger gratuitement sur des sites pirates pour ensuite revendre), ce système gratuit de téléphonie, qui offre un son d'excellente qualité grâce aux relais d'ordinateurs, est tout à fait légal. Tout le monde a le droit de téléphoner, même si cela ne satisfait pas les grands opérateurs... L'intérêt de la téléphonie gratuite est d'offrir un service tout en proposant des services complémentaires payants à forte valeur ajoutée. J'y reviendrai plus loin. Sur ce modèle, la mutualisation de services (musique, expertises, troc, livres, télévision…) va se généraliser dans l'Internet du futur.


E-commerce interactif

Jusqu'à présent, les consommateurs étaient des individus passifs et plutôt mal identifiés. Les fabricants réalisaient des études de marché et achetaient de la publicité pour les inciter à consommer. Les producteurs et leurs réseaux de distribution offraient des produits ou des services dans un lieu dédié à la vente, que les acheteurs décidaient d'acheter ou non.

Grâce à Internet (et, avant Internet, au Minitel), la donne est en train de changer. De plus en plus de consommateurs exigent une vraie valeur ajoutée et un service personnalisé. Pour obtenir satisfaction, ils envoient en permanence de l'information aux fabricants ou à leurs distributeurs. Grâce à ce retour inespéré, désormais, le producteur peut mieux connaître les attentes de ses clients potentiels.

Par conséquent, la relation producteur/consommateur évolue et s'apparente davantage à un contrat entre un prestataire et un usager. Les entreprises ont vite pris conscience qu'elles dégageraient plus de gains en vendant des produits (par exemple des mises à jour de logiciels) à des clients bien identifiés plutôt qu'en écoulant leurs produits auprès d'acheteurs qu'elles ne connaissent pas et dont elles risquent de perdre la trace dès que ceux-ci auront disparu avec leur machine à laver, leur téléphone ou leur automobile…

Tout le nouveau commerce d'Internet, le " e-commerce " moderne interactif, consiste à exploiter l'interaction créée entre les producteurs et les consommateurs et à cerner le plus précisément possible la demande, afin de répondre à leurs attentes de manière personnalisée.


Technologies d'apprentissage et e-éducation


Dans la société à venir, un des grands espoirs de l'Internet de 2020 me semble incarné par les technologies d'apprentissage ou la "e-éducation ".
Grâce au satellite, on peut appliquer des technologies complexes à beaucoup de monde, mais on peut aussi s'adresser à quelques personnes (un professeur diffuse son enseignement à plusieurs élèves), voire à une seule (c'est le tutorat), avec l'enseignement personnel assisté par ordinateur. Entre les deux solutions, il existe aussi des systèmes d'évaluation par vidéoconférence
Aujourd'hui, mais plus encore dans les prochaines années, les entreprises proposeront à leurs salariés des modules de formation " à la carte ", sur Internet ou Intranet (avec tuteurs ou professeurs médiateurs).
Même si modèles économiques et systèmes d'évaluation restent à inventer et qu'il demeure nécessaire de faire reconnaître officiellement ces modes d'éducation par les États, il apparaît déjà comme certain pour la plupart des prospectivistes en matière d'éducation que les systèmes éducatifs et d'apprentissage représenteront un des secteurs majeurs de l'Internet de demain.

Joël de Rosnay


*Joël de Rosnay, Docteur ès Sciences, est Président exécutif de Biotics International et Conseiller du Président de la Cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette dont il a été le Directeur de la Prospective et de l'Evaluation jusqu'en juillet 2002 . Entre 1975 et 1984, il a été Directeur des Applications de la Recherche à l'Institut Pasteur.Ancien chercheur et enseignant au Massachusetts Institute of Technology (MIT) dans le domaine de la biologie et de l'informatique, il a été successivement Attaché Scientifique auprès de l'Ambassade de France aux Etats-Unis et Directeur Scientifique à la Société Européenne pour le Développement des Entreprises (société de "Venture capital").
Conférencier, Il est l'auteur de plus d'une quinzaine d'ouvrages dont pour les plus récents :

-"2020 Les Scénarios du Futur" , Editions Des idées des Hommes - 2007; voir notre interview pour les Entretiens du Futur ici :
http://entretiens-du-futur.blogspirit.com/archive/2007/05...

-"La révolte du pronétariat, des mass media aux medias des masses", Editions Fayard-Transversales - 2006, avec la collaboration de Carlo Revelli.

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23.11.2008

Vous avez dit Web 2 ?

 

Présentation effectuée Mardi 18 Novembre à Quimper et retransmise en vidéo sur 3 sites (Technopôle et CCI Quimper,Brest, Morlaix) et Seconde Life,  sous l'égide de l'AFEIT et du Technopôle de Quimper que je remercie encore ainsi que tous les partenaires.

La vidéo

La présentation

Retransmission sur Second Life

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(Cliquez pour agrandir)

Une vision globalisante au delà d'une focalisation réductrice sur les outils.
Le Web 2 comme révélateur parmi d'autres de mutations qui vont toucher toutes les strates et activités de la société et notamment l'entreprise.
Bref parler des outils sans parler du contexte d'émergence et d'évolution c'est ne voir que par le petit bout de la lorgnette.
Avant d'etre 2, 3 ou n le Web est vivant organique écosystèmique, il appelle en amont, non pas à des adaptations, ou de simples ruptures mais à une vrai métamorphose dans nos manières de penser, faire lien, manager, collaborer, commercer, communiquer, travailler, etc etc.
De nombreux esprits étroits la tete dans le guidon ont parfois arréter de penser et se contentent de solutions toutes faites packagées, marketer, pretes à consommer, ce n'est qu'un pis aller face aux vastex enjeux qui supposent de remettre tout en cause...

09.10.2008

Demain l'intelligence des données

 

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Une contribution de Hubert Guillaud* (4/4)


NB : Hubert Guillaud nous a aimablement autorisé à publier l'article qui suit et qui est déjà paru sur le site Internet actu en 2007 mais qui demeure... d'actualité.

"Quand on regarde l’avenir, on a souvent tendance à penser que le changement le plus radical reposera sur l’internet des objets, une intelligence qui va bouleverser notre relation avec eux et leurs relations entre eux. Bien sûr, parce qu’on va les tenir dans nos mains, parce qu’ils vont bouger sous nos yeux, ces changements-là seront spectaculaires.

Pourtant, demain, il n’y a pas que les objets qui seront intelligents : il y aura aussi les données. Et l’impact de ce changement pourrait bien être tout aussi radical.

Voilà longtemps que Tim Berners-Lee nous explique que le web sémantique est l’avenir du web (voir la traduction de l’article originale dans la lettre de l’URfist de Toulouse de novembre 2001 .pdf). Reste que le terme est difficile à faire comprendre et entendre à bien des néophytes. Sans compter que l’évolution qui se profile dans le domaine des données ne repose pas seulement sur la sémantisation du web et ne se résume pas à inscrire des méta-données pour décrire les données.

L’intelligence des données (au sens, plutôt, que l’on donne à “intelligence économique”), c’est d’abord leur abondance et leur accessibilité, même si chaque donnée demeure elle-même tout à fait brute. C’est par exemple accéder aux données de tel capteur, de telle caméra ou de tel moniteur. C’est la possibilité, demain de tracer n’importe quel évènement du monde réel. C’est la fouille de données accessible depuis chez soi, permettant d’analyser les statistiques de la criminalité ou de la circulation dans sa ville, ou des informations sur ce que lisent les gens, avec un raffinement de détails, des modalités de recherche et de précision dans la requête toujours plus grands.

Ce n’est donc pas seulement la sémantisation qui change la donne, mais aussi l’accès à un nombre croissant de données, associé à la possibilité de les reconfigurer, de les recombiner sans cesse, de plus en plus facilement, pour en tirer des intuitions neuves ; la possibilité d’en faire des mashups, de produire des nouveaux services dont elles forment la matière première… Quand les données elles-mêmes ne sont pas “intelligentes”, leur masse, bien exploitée, peut produire du sens bien au-delà de ce que nous imaginons, comme l’explique Ian Ayres. Pas seulement des masses d’information statiques et statistiques d’ailleurs, mais des données qui vont être de plus en plus dynamiques, parce qu’elles seront accessibles à distance et en temps réel bien sûr, mais surtout parce que ces données mêmes seront le résultat de flux de données eux-mêmes mouvants. De combinatoires. De formules appelant d’autres données, provenant de bases sémantisées, de nos historiques de navigation, ou de requêtes sur des applications tierces.

Comme l’imageait Bradley Horowitz, responsable du département des nouvelles technologies chez Yahoo, en évoquant l’avenir de l’internet des objets pour la BBC : “Mon téléphone sait toujours l’heure qu’il est. Il sait approximativement toujours où je suis via GPS ou via le réseau téléphonique qu’il utilise. Si le système sait aussi que je suis présent à tel évènement à telle heure (via mon agenda ou mes messages), alors quand je prends une photo, le système est capable d’automatiser l’étiquetage de cet évènement et d’introduire les métadonnées automatiquement. C’est ce vers quoi nous tendons : un monde où le qui, quoi, où et quand peuvent être générés, lus et résolus automatiquement par les machines.”

Le croisement des données elles-mêmes, au lieu et à l’heure où elles sont collectées ou regroupées va en générer de nouvelles.

L’intelligence des données, ce n’est pas que le web sémantique, c’est aussi le web implicite, celui qui comprend ce que vous faites, ce que vous avez fait et en déduit ce que vous allez faire. C’est celui qui trace vos données, votre histoire, qui suit votre “parcours”, votre “chemin” pour apprendre de vous et mieux vous servir et qui se diffuse demain au-delà du web, jusqu’à nos mobiles.

L’intelligence des données c’est enfin ce web que nous façonnons à coups de liens, d’étiquettes, d’intelligence collective : “Chaque fois que nous forgeons un lien entre les mots, nous lui enseignons une idée”, disait Kevin Kelly. C’est ce web qui apprend de nous. Ces données qui prennent du sens quand on les touche. Nos actions qui deviennent une donnée primordiale pour donner de l’intelligence à l’ensemble. Un web sémantique a posteriori, en quelque sorte, qui repose sur le constat qu’il semble parfois plus difficile de rendre les données “intelligentes” en les qualifiant a priori, que d’acquérir une “intelligence”, une perception et une compréhension riches, des données brutes que notre monde produit à jet continu.

Assurément, l’intelligence des données va transformer notre rapport à l’information aussi sûrement que l’internet des objets va bouleverser notre rapport à notre quotidien (l’un n’ira pas sans l’autre d’ailleurs).

Nous allons mesurer le monde, notre vie, notre entourage, notre réseau comme jamais. Tout sera traçable et tracé, comme le montre d’une manière ludique Socialistics, cette petite application pour Facebook qui mesure les pulsations de votre réseau social. Un outil de lifelogging (ces outils qui augmentent notre intimité d’informations) qui rassemble toutes les données de votre réseau relationnel pour produire des mesures vous permettant d’en connaître les tendances (répartition par âge, par ville ou pays, par genre, par tendances politiques ou religieuses…). Cet outils de classement et d’analyse illustre à merveille la puissance de l’information que l’on pourrait être capable de produire demain. Cela ne va pas seulement nous donner accès à une “nouvelle classe d’outils”, comme l’évoquait Tim Berners Lee, mais radicalement changer nos pratiques, notre regard sur celles-ci et sur tout ce que nous faisons et nous entoure.

Reste qu’il ne faut pas oublier que les données ne sont pas intelligentes pour elle-mêmes. Leur couplage peut aussi produire des syllogismes faciles et des erreurs d’interprétation : coupler une base de donnée statistique sur la criminalité et une autre sur la pauvreté de la population fera peut-être ressortir l’image fameuse des “Classes laborieuses, classes dangereuses”. Cela n’en fait pas forcément une vérité, disait déjà l’historien Louis Chevalier. Et puis, on n’est pas obligé d’aimer la perspective d’un monde infiniment lisible, traçable et analysable. Ca ne doit pas nous empêcher d’y réfléchir."

Hubert Guillaud


*Hubert Guillaud est éditeur de formation, est rédacteur en chef d'InternetActu.net et responsable de la veille à la Fondation Internet nouvelle génération.

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