06.04.2008

Internet des objets, Spime et Blogjets

 Dans la série Internet des objets deux focus express sur deux concepts d'objets : Spime et Blogjets

 

15.12.2007

Téléprésence

Une étonnante démonstration de la téléprésence présentée par le patron de CISCO (la démo débute à 1min environ)

22.11.2007

Utilisabilité Web

Le thème de l'utilisabilité a été l'objet de la journée mondiale du même nom le 8 novembre à Paris, pour ceux comme moi qui n'ont pu y assister :

Les thèmes et les intervenants étaient :

- Technologie, utilisabilité, émotion et design (Frédéric GAILLARD de Axance)
- Quelles tendances en 2007 pour l’utilisabilité ? (Frédéric CAVAZZA de FredCavazza.net)
- Qualité Web et utilisabilité (Elie SLOIM de Temesis)
- 10 enjeux d’utilisabilité pour les interfaces sociales (Guillaume BRACHON des Designers Interactifs)
- L’impact des outils sociaux en terme d’utilisabilité (Laurent GOFFIN et Alexis MONS de Groupe Reflect Emakina)

les organisateurs et les partenaires :

- Usability Professional's Association
- FredCavazza.net
- Microsoft
- Synerg'heTiC

Le site officiel (comptes rendus...): http://www.simpleweb.fr

Quelques vidéos interviews mises à disposition
par Synerg'hetic

L'utilisabilité : définition et place dans un projet web 

 

Utilisabilité et qualité web




L'utilisabilité, emploi présent et perspectives d'avenir



19.11.2007

Androïdique

Non il ne s'agit pas de la nouvelle plateforme de développement mobile Androîd de Google dont tous le monde parle mais des Androïdes robots développés notamment par diverses centre de recherche et firmes japonaises (Kokoro...)

La fluidité des gestes (bien que perfectibles) le parlé , l'esthétique générale...commencent a être crédible.









Doit -on supposer que ces créatures remplaceront bientôt certains personnels (agent d'accueil, guides divers, animateurs/présentateurs...?)

 

 

 

 

 

 

 

11.09.2007

EveryWare, la révolution de l'Ubimédia

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Une présentation vidéo de l'Ubimédia par Adam Greenfield à l'occasion d'une conférence donnée au Keio University's DMC Institute à Tokyo le 15 juillet, autour de la révolution de l'Ubmedia thème de son dernier livre : EveryWare, la révolution de l'Ubimédia (FYP Editions, 2007)

Présentation de l'éditeur
L'ubimédia peut se définir comme ce qui reste de l'informatique quand les ordinateurs ont disparu - ou plutôt, ont fusionné avec tout ce qui nous entoure. Un monde de puces communicantes, de capteurs en tous genres, de surfaces interactives et d'interfaces innovantes, qui redéfinissent notre conception des objets, des lieux et des relations sociales. Un univers informationnel dense, omniprésent et toujours connecté, dont les téléphones mobiles et les réseaux sans fil actuels ne sont que les prémisses. Adam Greenfield, en des termes simples et accessibles aux néophytes, nous précipite dans cette vision à la fois futuriste et réaliste, nous incitant à comprendre les enjeux et les conséquences d'une évolution majeure qui nous concerne tous. Car, pour le meilleur ou pour le pire, l'ubimédia est la nouvelle réalité de l'informatique du XXIe siècle.


Vidéo 1

 

 

 

Vidéo 2

 

 
 
 
Vidéo 3 

 
 
Vidéo 4 

 
 
Vidéo 5 

 
 
Video 6 

 

23.07.2007

Communauté et communication à l'heure des réseaux

Federico Casalegno et Collectif, Editions PU Laval

Denis Failly _ Federico Casalegno, pourriez vous nous expliquez   ce qu'est le projet   Living Memory qui a donné lieu à  cet ouvrage ? et ou en est ce projet actuellement ?
  
  
Federico Casalegno - Le projet Living Memory (http://web.media.mit.edu/~federico/living-memory/) explore les nouveaux paradigmes de communication avec les nouvelles technologies multimédias et interactives.  L’objectif à  long terme du projet nous a permis de réaliser un prototype d’un système de communication, véritable environnement communicationnmedium_comm.jpgel en mesure d’aider les membres d’une communauté à  créer et partager leur mémoire collective.
La nouveauté de l’approche de Living Memory réside dans le fait que nous n’avons pas souhaité projeter uniquement un système de communication afin de favoriser l’accumulation d’une mémoire historique et formelle d’une communauté donnée : le défi du projet est de vouloir mettre en oeuvre une ambiance communicationnelle afin de permettre aux membres d’une communauté locale et territoriale de partager des informations concernant leur vie quotidienne. Ainsi, il ne s’agit pas simplement de projeter un instrument technologique pour recueillir et rendre accessibles les informations formelles d’une communauté, mais plutà´t   de mettre en place un environnement communicationnel qui puisse conserver et diffuser les communications quotidiennes et les échanges informels des habitants d’un quartier défini, et de rendre ces informations accessibles et disponibles.
Dans une communauté locale et territoriale circulent une infinité de messages et d’échanges entre personnes, annonces et communications informelles reflétant les besoins et les vicissitudes de la vie de tous les jours. Ces messages témoignent de la nécessité que les membres d’un quartier ont de partager une mémoire ordinaire et de communiquer entre eux.
L’environnement communicationnel projeté avec Living Memory se propose donc d’accompagner ces dynamiques qui existent depuis toujours dans une communauté locale, mais sans bouleverser les rythmes et les formes sociales préexistantes de la communauté en question.
La mémoire quotidienne de Living Memory est ainsi une mémoire interstitielle, celle des conversations ordinaires et banales de tous les jours permettant aux membres d’une communauté, habitant un territoire précis et situé, de nourrir leurs liens sociaux.
C’est exactement la nature de ces liens qui nous conduit à  réfléchir sur les nouvelles formes d’agrégations sociales et sur les nouvelles esthétiques communautaires.
Il est évident que nous n’excluons pas la mémoire collective ou bien celle plus formelle d’une communauté donnée  :   bien au contraire, le projet Living Memory pourrait se résumer dans la tentative de faire rentrer en résonance les diverses expressions de la mémoire. En ce sens, la finalité ultime du projet est celle de permettre l’inter-communication entre les membres d’une communauté, entre les petits groupes et les associations, entre les institutions sociales et la culture locale.
Nous sommes ainsi face à  de nouvelles dynamiques de sédimentation du savoir social, à  de nouvelles synergies entre la mémoire quotidienne, les formes de communication et les agrégations communautaires  : Living Memory explore ces nouvelles dynamiques émergeantes.

Living Memory  : l’environnement communicationnel

L’environnement communicationnel projeté avec Living Memory se base sur trois dispositifs fondamentaux.Ces trois dispositifs forment un environnement communicationnel et existent au niveau de prototypes. Ce qui est intéressant pour nous, ici c’est de considérer les dynamiques de communication que ces dispositifs engendrent.
(I) Le premier prototype est constitué par un  «  écran   » émettant des informations qui concernent les activités de la communauté elle-même  : annonce de fêtes ou célébrations, informations sur le trafic routier, événements sportifs, cinéma, théà¢tres, ventes spéciales, réunions, événements sociaux, activités associatives etc.
Ces écrans sont destinés à  des lieux publics de grand passage et peuvent être installés sur des places ou dans des centres commerciaux par exemple.

(II) Le deuxième dispositif est constitué par un  «  jeton   » que les membres d’une communauté peuvent acheter et garder sur eux. Quand ils voient une information intéressante sur l’écran, par exemple, ils peuvent la capturer tout simplement en faisant glisser le jeton sous l’écran. A ce moment, le jeton ne garde pas l’information en tant que telle mais il garde la stratégie pour accéder à  cette information  :   il a la fonction d’un  «  signet   » d’un navigateur Internet ou d’un garde page d’un livre classique.
Ainsi, si par exemple l’écran me communique qu’un nouveau médecin pratiquant l’acuponcture s’installe dans mon quartier, avec le jeton je peux simplement garder en mémoire la stratégie d’accès à  cette information, sans pour autant en avoir les contenus. Pour accéder aux contenus, et obtenir les informations sur le nouveau médecin et sur l’acuponcture, par exemple, je dois utiliser le troisième dispositif  : la table interactive.

(III) Le troisième dispositif est constitué d’ une  «  table interactive   » avec écran tactile à  partir duquel on peut accéder et interagir avec les informations. Ces  «  tables interactives   », connectées aux réseaux, se trouvent dans des lieux publics, comme dans des bars, bibliothèques, écoles et centres commerciaux.
Ici, par exemple, gràce à  l’aide du  «  jeton   », je peux retrouver des informations sur le médecin de l’exemple précédent et naviguer dans les contenus  ; savoir ce que c’est que l’acuponcture, quand il est approprié de l’utiliser, quels en sont les bénéfices, etc.
De plus, c’est exactement grà¢ce à  ce troisième dispositif que je peux envoyer des informations dans le système ou commenter celles que je lis en participant ainsi à  l’alimentation de la mémoire collective de la communauté.
Enfin, pour nous retrouver dans ce flux d’informations et de mémoires, des  «  agents intelligents   » ont été développés. Il s’agit de logiciels qui nous aident à  retrouver les informations pertinentes par rapport à  nos centres d’intérêts.
C’est ainsi à  partir de ces postes multimédias interactifs que les membres d’une communauté locale peuvent consulter et envoyer des informations pertinentes tout en participant à  la réélaboration constante de leur mémoire collective.
  
  
Denis Failly - "Mémoire, Communauté et Communication" constituent les  3 axes autour desquels s'articule le livre,  comment ces 3 domaines que vous explorez au cours de vos entretiens d'experts, se rencontrent-ils, quelles sont leurs synergies ?"

Federico Caslegno
-Mémoire
Depuis toujours le thème de la mémoire, avec son charme et ses mystères, intrigue l’homme qui cherche à  en comprendre ses mécanismes ainsi que ses secrets.
Les philosophes de l’antiquité décrivirent la mémoire avec des métaphores afin de cueillir mieux son essence. Ainsi, la première métaphore nous présente la mémoire comme une tablette de cire sur laquelle la mémoire, comme si elle utilisait un sceau, imprime l’image-souvenir de l’objet mémorisé. La mémoire est ici vue comme une trace.
Une deuxième métaphore considère la mémoire comme un vaste grenier, c’est-à -dire une réserve dans laquelle l’homme conserve les impressions du passé échappant à  l’oubli. Se souvenir signifie, dans ce cas, récolter depuis ce trésor d’informations, depuis cette masse inerte, des souvenirs.
Enfin, dans la dernière métaphore, les souvenirs sont comme des oiseaux de diverses espèces et de divers couleurs enfermés dans un colombier de l’âme. Dans cette forme de mémoire active, les souvenirs ne sont pas immobiles mais ils volent et frissonnent comme des entités vivantes  : la mémoire est ici conçue comme une activité.
Les trois métaphores (qui nous rappellent les trois noeuds de mémoire du projet living memory) représentent diverses formes de mémoire qui peuvent coexister et qui amènent notre attention sur le fait que la mémoire se réfère également à  la possibilité de stocker, d’accéder aux informations. Ainsi, il est évident qu’avec le développement des nouvelles technologies de l’information nous sommes en face à  de nouveaux scénarios qui redéfinissent comment la mémoire collective et individuelle se combinent avec la capacité de stocker des informations et de transmettre, sur support numérique, un nombre toujours croissant d’informations.

  
Communauté:

Dans les sociétés dans lesquelles les nouvelles technologies peuvent nous amener à  communiquer et à  interagir avec des personnes physiquement de plus en plus éloignées, parfois inconnues, la notion de communauté se redéfinit tout en assumant des configurations impensables il y a seulement quelques années. Dans ce glissement de valeurs, les catégories classiques qui nous permettaient de comprendre la notion de  «  communauté   » dans ses divers aspects, changent tout en permettant à  des nouveaux paramètres conceptuels d’émerger. Le projet Living Memory est partie du présupposé que les nouvelles technologies peuvent nous faire accéder non seulement au Village Global mais également au Village Fractal, tout en identifiant l’emplacement géophysique ainsi que l’appartenance territoriale comme un élément clé pour la définition de communauté. De plus, la superposition du territoire réel et les réseaux de télécommunication, entre l’espace et le cyberspace, nous porte à  considérer le tissu connectif comme paradigme émergeant.
Les nouvelles technologies redéfinissent les contours de notre sentiment d’appartenance communautaire tout en ouvrant de nouvelles pistes de réflexion.
 
Communication  :

La prolifération et la diffusion des moyens de communication correspondent-elles véritablement à  une communication plus efficace entre être humains  ?
Walter Benjamin serait probablement très sceptique car déjà  dans son ouvrage  «  l’oeuvre d’art à  l’époque de la reproductibilité technique   », il nous amène à  considérer les modalités de transmission et de reproduction de  «  l’aura   » qui distingue l’oeuvre artistique et que la reproduction mécanisée ne peut communiquer. Comment transmettre l’hic et nunc, comment communiquer l’aura qui rend un tableau unique ?
Comment reproduire ce sentiment d’unicité qui se consomme dans l’instant et qui confère à  la communication une impalpable densité  ?
Le défi lancé par les nouvelles technologies est celui de permettre un véritable flux de communication  : c’est exactement cette capacité de transmettre le contenu de l’information, catalysée dans la synergie entre l’information et son contexte, entre l’information et le sens que les individus lui attribuent. C’est de mettre en résonance l’information stratégique avec la communication expérientielle.
Contextualiser l’information signifie ainsi enrichir l’information disséminée avec son aura, avec le contexte social et culturel.
Voici le défi posé aux nouveaux medias et aux nouveaux environnements de communication

Denis Failly - Merci Federico

21.06.2007

La Fabrique du Futur sur Seconde Life pour fabriquer le Futur

La Fabrique du Futur a organisé un concours en partenariat avec l'Institut d'Etudes Repères ,

Vue d'ensemble de la zone FDF sur SL (cliquez pour agrandir)

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3 projets sont arrivés en finale and the winner is ....Yaox Brynner

 Visuel du projet du gagnant (cliquez pour agrandir)

 

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à suivre... 

 

30.05.2007

Succés des Tables rondes du Futur

Les premières Tables rondes du Futur organisées par La Fabrique du Futur sous l'égide de son Président Eric Seulliet ont été un véritable succès, voici quelques témoignages pris sur le vif.


17.05.2007

2020 Les Scénarios du Futur

Edition "Des idées & des hommes" 

interview vidéo autour du dernier ouvrage de

Joël de Rosnay

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Vidéo 1 : Complexité, Internet du futur, Energie et développement durable



Vidéo 2 : Biotechnologies, Environnements intelligents, Ethique


Le site du livre : www.scenarios2020.com

Le site de l'auteur : Carrefour du futur

25.03.2007

La Fabrique du futur


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Eric Seulliet, Pierre Musso, Laurent Ponthou
Editions Village Mondiale, 2006
 

 

Denis Failly - "Eric peux tu nous rappeler la gestation de « Fabriquer le futur » qui commença par un tome 1 ?


Eric Seulliet -medium_ericseul.jpg La genèse de ce livre remonte déjà à quelques années. J’avais en effet proposé à la revue Business Digest (en 2002) de réaliser pour son compte un numéro hors-série sur la prospective. L’idée était de montrer que la prospective n’était pas qu’affaire de méthode et de rationalité, mais aussi d’imagination, d’intuition et de créativité, d’où le titre de ce numéro sous forme interrogative  « La prospective, art ou discipline ? ». Déjà, le principe de faire appel à des contributeurs extérieurs était là, pour croiser  des regards multiples… Cette publication avait alors failli donner lieu à un livre. Aussi, lorsqu’un ami me suggéra d’accompagner le lancement d’e-Mergences par la publication d’un livre, ce projet un peu oublié se trouva aussitôt réactivé. Puis, afin de convaincre mon éditeur, et pour illustrer mon propos  je fus amené à citer l’expérience du Studio créatif de France Télécom. J’avais même pris soin de prendre avec moi leur plaquette. C’est ainsi que de fil en aiguille, Laurent Ponthou puis Pierre Musso furent associés à ce projet.


Denis Failly - Quelles sont les grandes articulations de l'ouvrage et à quoi le lecteur doit -il s'attendre de plus dans cette seconde édition augmentée ?

Eric Seulliet -      Le propos central de notre ouvrage est contenu dans le sous- titre, « l’imaginaire au service de l’innovation ». Nous nous efforçons de montrer que les approches traditionnelles de l’innovation basées sur la technologie ne fonctionnent plus. Les consommateurs rejettent le tout techno, ils veulent que soient prises en compte leurs vraies aspirations, leur besoins même non exprimés. Le High Tech, pourquoi pas, mais accompagné d’une bonne dose de High Touch ! Au demeurant, l’innovation doit aussi élargir son champ. Il faut aussi prendre en compte l’innovation dans les services, l’innovation sociétale, etc.

Le livre a été écrit à trois, chaque co-auteur traitant une partie : Pierre Musso présente une épistémologie de la notion d’imaginaire, Laurent Ponthou aborde l’innovation sous l’angle des méthodes et pratiques et présente aussi 5 secteurs d’avenir, quant à moi, je traite de l’impact sur le management des nouvelles approches de l’innovation qui font une large place à l’innovation « cerveau droit ».  Par ailleurs, le livre est émaillé de très nombreux interviews ou points de vue de responsables d’innovation (managers, experts, designers, chercheurs…).
Lorsqu’il est sorti début 2005, notre premier livre « Fabriquer le futur » a immédiatement eu un bon accueil car c’était le premier à exprimer cela tout en donnant largement la parole à ceux qui fabriquent le futur, que ce soit les concepteurs dans les entreprises ou les experts en innovation (consultants, chercheurs, designers,…). En rupture de stock au bout de 18 mois, notre éditeur nous a demandé une réédition. Et quitte à le rééditer, nous avons voulu faire un livre le plus nouveau possible. Nous avons donc renouvelé la quasi-totalité des témoignages et exemples cités. Et comme les choses changent vite, Fabriquer le futur 2 aborde des concepts nouveaux : l’éco-conception, l’innovation ouverte et ascendante, la conception et la simulation numérique, l’innovation en mode projet, etc.


Denis Failly - Peux tu Eric nous recadrer, voire nous redéfinir , pour les béotiens la notion d'innovation ascendante ?

Eric Seulliet -
La notion d’innovation ascendante a pour fondements conceptuels les travaux de Eric von Hippel, qui enseigne à la  MIT Sloane School of Management et auteur (entre autres) du livre Democratizing Innovation. L’innovation ascendante est l’innovation provenant des consommateurs eux-mêmes et qui permet de faire de la co-création de produits et services. Après avoir traité leurs clients en consommateurs passifs, les entreprises ont progressivement pris conscience à partir des années 90 que les consommateurs sont des personnes auxquelles il fallait fournir une offre la plus personnalisée possible (ère du marketing « one to one » et de la customisation). Mais désormais, une étape supplémentaire est en train d’être franchie : les consommateurs ont des compétences reconnues qui les rendent aptes à participer efficacement au processus de co-développement de produits/services nouveaux. Il s'agit donc d'une approche très novatrice de l'innovation consistant pour une entreprise à mettre à contribution des communautés de consommateurs (il s’agit le plus souvent de web-communautés) pour concevoir de nouveaux produits ou services. On dénomme ce phénomène « innovation ascendante », ou également « innovation open source » par analogie avec le monde des logiciels libres, ou encore de « Do it Yourself  innovation » pour signifier qu’elle relève de pratiques individuelles faites d’expérimentations et de bricolage intelligent. Cette co-création s’effectue notamment au sein de « communautés de pratiques » réunissant des aficionados de tels ou tels produits qui peuvent échanger (dans la vie réelle ou virtuelle) leurs expériences et exprimer leurs souhaits d’amélioration et besoins non satisfaits. Ces communautés d’innovateurs sont constituées de consommateurs avant-gardistes, connus aussi sous le nom de lead-users, prosumers ou pro-ams (professional amateurs). En préfigurant par leurs usages anticipateurs ce que sera la consommation du plus grand nombre dans l’avenir, ces innovateurs ouvrent des pistes très précieuses pour imaginer les produits et services de demain. Toute la difficulté est de savoir déceler ces usages émergents et de les traduire en voies concrètes d’innovation.


Denis Failly - Au vu des nombreuses rencontres et interviews de personnalités impactées par la démarche d'innnovation, quel panorama peux tu dresser sur l'innovation en France au moins dans les domaines sur lesquels tu t'es plus spécifiquement attardé ?

Eric Seulliet - J’ai été frappé de constater certains signaux faibles ou tendances émergentes en matière d’innovation : le recours marqué aux sciences humaines dans les entreprises les plus innovantes (sociologie, anthropologie, ethnologie, observation des usages), la collaboration qui s’instaure avec des designers, des créatifs, voire des artistes, l’irruption des technologies de conception et de simulation virtuelles…


Denis Failly - Quels sont, de ton point de vue et le cas échéant, les freins à l'innovation et vois tu des leviers spécifiques que les acteurs directs où indirects de l'innovation devraient actionner pour rendre les innovations plus efficientes ?


Eric Seulliet -Puisqu’on parle de plus en plus d’innovation « ouverte », à l’inverse, les freins à l’innovation résident dans le manque de dialogue entre concepteurs en interne, entre l’entreprise et ses partenaires, entre l’entreprise et ses clients… Il faut vraiment favoriser un esprit d’intelligence collective pour faire tomber les barrières, sortir de l’organisation en silos  et apporter de la transversalité. Paradoxalement, je dirai que l’entreprise doit aussi cultiver sa singularité, se projeter dans le futur pour éviter de tomber dans une innovation «  me-too » basée sur la récupération et l’exploitation de pseudo-tendances…


Denis Failly - Compte tenu de tes observations, quelles sont pour toi les grandes voies de l'innovation pour la décennie à venir ?

Indubitablement, l’innovation ascendante et collaborative, l’innovation ouverte, l’innovation prenant appui sur l’observation d’usages émergents…

L’éco-conception et le développement durable vont quant à eux donner des pistes très porteuses pour l’innovation. Enfin, je citerai la 3D qui est une voie vraiment prometteuse dans la mesure où elle combine ces diverses approche)


Denis Failly - Eric pour finir si tu nous disais un petit mot sur la Fabrique du Futur..."


Eric Seulliet -
La Fabrique du Futur a pour genèse les observations et constats que nous avons menés à l’occasion de l’écriture de ces deux livres. Pour celle-ci, nous avons conduit des recherches et rencontrés plus d’une centaine de personnes d’horizons très divers. Nous sommes arrivés à la conclusion qu’il est urgent d’introduire de la transdisciplinarité dans le domaine de l’innovation, de croiser les points de vue des divers acteurs, de redonner le goût de l’avenir, de réconcilier les préoccupations sociétales et de développement durable avec les approches scientifiques et technologiques. La Fabrique du futur est donc un lieu ouvert où ceux qui veulent imaginer et fabriquer un meilleur futur pourront se rencontrer et échanger. Nous souhaitons introduire aussi dans le monde de l’innovation des approches nouvelles issues des sciences humaines, du design, de l’art et de la culture. Mais au-delà ce cette fonction de think tank, il s’agit de mettre à disposition des PME des moyens et outils auxquels elles n’ont pas facilement accès. La Fabrique du Futur se veut donc aussi un laboratoire pour détecter à partir de l’observation d’usages émergents des pistes d’innovation venant du terrain. Nous serons un labo in vivo et in vitro, en nous appuyant notamment sur les apports du virtuel et de la 3D. Grace à Internet, nous irons au devant des communautés de pratiques, des consommateurs/consomm’acteurs les plus avant-gardistes … parmi lesquels figureront au premier rang notamment les designers ! Pour résumer, on pourrait dire qu’il s’agit d’un dispositif global pour favoriser l’innovation citoyenne. Nous fonctionnons aujourd’hui dans le cadre d’une association loi 1901, mais nous avons l’objectif de créer une fondation multi-entreprises. Avis aux personnes intéressées !


En bref :

Diplomé d'Hec, Eric Seulliet est créateur et directeur d'e-Mergences, Société de conseil en Prospective et innovation, il préside aussi l'association La F@brique du Futur

- Site autour du Livre : www.e-mergences.net/Livre2.html


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