02.07.2008

Homo Sapiens 2.0

 

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Une interview de Gérard Ayache autour de son livre:

Homo Sapiens 2.0,
Introduction à une histoire naturelle de l'hyperinformation

 


Denis Failly - Gérard Ayache, dés la Lecture du titre de votre dernier ouvrage "Homo Sapiens 2.0, introduction à une histoire naturelle de l'hyperinformation", et avant la lecture du livre proprement dite, on ne peut s'empêcher de faire un lien entre le terme Homo sapiens qui concerne l'évolution, l'unité de la condition humaine et l’étiquette 2.0 qui sert dans le monde des technologies, comme chacun sait, à nommer une nouvelle version plus évolué d'une application, d'un logiciel.
Qui plus est, on pense aussi de suite à la seconde vie de l'Internet dite Web 2.0 avec ses nouveaux usages (autoproduction, participation, collaboration...) ou même au livre de Ray Kurzweil (mouvance transhumaniste) "Humanité 2.0" (titre français), bref deux termes qui semblent nous acheminer, disons pour faire simple vers un rapprochement Homme-Machine et qui interroge donc notre devenir en tant qu'espèce; Pourriez vous en donc en quelques mots nous dresser l'intention de ce livre ?

Gérard Ayache - 563049df89193c3820749220ec42d2fb.jpgHomo sapiens 2.0 est une histoire naturelle de l’information que je fais remonter aux origines de la vie sur cette planète. Information et vivant sont indissociablement liés ; au fond, parler d’une histoire de l‘information, c’est parler d’une histoire de la vie. La transition vers une deuxième version d’Homo sapiens, thème qui est au cœur de ce livre, est le fruit de cette histoire naturelle de l’information. Elle est un pur produit de l’évolution darwinienne, combinant ensemble l’homme est ses projections, c'est-à-dire toutes les idées, les technologies, les cultures qu’il invente sans cesse.

Cette transition, ou pour être plus exact, cette « métatransition » n’est pas finalisée ni contrôlée. Cela est valable pour tous les systèmes évolutifs, mais la phase de transition dans laquelle nous nous situons aujourd’hui d’opère à une vitesse accélérée, inédite dans toute l’histoire de l’espèce humaine.

La métatransition vers homo sapiens 2.0 est provoquée par la lame de fond de l’hyperinformation qui brasse dans un même mouvement des objets mi-inertes, mi –intelligents qui grouillent pour former des entités, des organismes, des hommes , connectés ensemble dans une gigantesque « chimère », assemblage d’information numérique et de matière.

Denis Failly - Vous montrez qu'il existe une logique "numérique" du vivant des origines de la vie à l'homo sapiens sapiens, quelle sont les trajectoires qui vous font passer de la notion d'information qui préexiste à 'l'homme" (dans la matière, l'énergie, premières bactéries ...) pour aboutir à l'hyperinformation "libérée" par l'homme.

Gérard Ayache - L’information n’a pas été inventée par les hommes. Elle est un élément fondamental de l’univers au même titre que la matière et l’énergie. Sans l’information, l’univers après le big bang aurait été chaotique, la matière désorganisée, la vie impossible. La vie n’est possible que parce qu’il y a l’information. La caractéristique principale du vivant, c’est le métabolisme, c'est-à-dire l’échange permanent d’information avec le milieu, avec les autres. Et cela est valable pour la bactérie la plus primitive comme pour l’espèce animale la plus évoluée.

Cette information qui est au cœur même du vivant, nous savons qu’elle est de nature numérique. Les gènes, avec leur structure interne sophistiquée, sont de longues chaînes d’information digitale. Ils sont numériques, au sens fort du terme, celui des ordinateurs ou des Cdroms. Cette information étant de nature numérique, elle peut être copiée indéfiniment sans perte de qualité. C’est pour cela que les caractères d’ADN sont dupliqués d’une génération à l’autre avec une précision quasi absolue.

L’homme, à travers ses projections imite sans le savoir le vivant. Le langage est un ensemble finalement assez réduit de phonèmes (entre 30 et 70 pour toutes les langues parlées du monde) qui, organisés d’une certaine manière, forment une langue. L’écriture utilise, à travers l’alphabet, une numérisation des sons qui permet une reproductibilité parfaite et une diffusion sans limites. La numérisation de l’information par des procédés de plus en plus sophistiqués est constante dans l’histoire de l’humanité. Mais à partir du moment où l’homme a été capable de traduire le réel –le numériser- en une suite de 0 et de 1, il a libéré l’hyperinformation. Dès lors, les logiques de duplication à l’extrême, de convergence des supports, de mise en réseaux ont entamé un développement exponentiel dont nous ne sommes, aujourd’hui qu’aux rudimentaires prémisses.

Denis Failly - Collaboration, coopération, Intelligence collective...sont des thèmes dans l'air du temps, si on reprend la thèse de l'endosymbiose en série de Lynn Margulis, l'espèce humaine notamment, serait dans le lointain de nos origines, à l'âge du règne solitaire des bactéries et des microbes, le résultat de dynamiques coopératives et collaboratives encore engrammées aujourd'hui dans nos cellules humaines; L'homme est - il par nature un être collaboratif ?

Gérard Ayache - Ce n’est pas l’homme seulement qui est un être collaboratif comme vous dites. C’est le vivant en général qui ne peut se développer que par les échanges (j’ai parlé du métabolisme), les stratégies concertées de développement, de conquête de territoire, de survie, d’évolution. On sait aujourd’hui que les bactéries les plus primitives, celles qui vivaient dans leur soupe primitive il y a 3.5 milliards d’années, développaient des réseaux concertés et intelligents de survie.

La biologiste américaine Lynn Margulis a développé brillamment la thèse de l’endosymbiose en série. Il s’agit, pour faire simple, de la mise en commun des ressources d’organismes différents qui échangent leurs compétences, les associent, pour créer un organisme vivant nouveau, plus performant. Nous avons dans notre corps une multitude de traces de ces pratiques d’intelligence collaborative nées au fond des âges.



Denis Failly - A la suite d'Ignacio Ramonet que vous citez, vous soulignez la contradiction entre d'une part une abondance d'informations (propulsées notamment pas les TIC) et qui devrait signifier diversité et d'autre part, une certaine uniformité, homogénéité dans la pensée ambiante génératrice par exemple de ce que l'on nomme la World Culture.
Ne pensez vous pas par exemple que justement les usages dits Web 2 ou tout un chacun peut potentiellement se réapproprier, détourner, auto produire, (re)construire...des contenus (informations, connaissances,...) sont des moyen d'en sortir pour métisser, hybrider, réinventer...loin des fourches caudines des filtres officiels que sont par exemple les experts, journalistes, grands émetteurs d'informations...?

Gérard Ayache -
L’hyperinformation a libéré la diffusion des informations. Elles se bousculent maintenant pèle mêle dans les réseaux, mélangeant allègrement les folies, les passions, l’intelligence et la bêtise humaine. Le résultat de cette force libérée forme un paysage composé à la fois de quelques îlots d’originalité et de longues plaines d’uniformité et de monotonie. Le web 2.0 n’est pas seulement le moyen de rompre cette monotonie. C’est surtout la possibilité de renverser le schéma traditionnel de la communication. Il n’y a plus un émetteur qui envoie un message à un récepteur, il y a des récepteurs qui se situent au cœur d’un tourbillon d’informations et qui sont eux-mêmes des producteurs de trajectoires. J’avais appelé ce phénomène la méta-information.

Ce renversement du flux de la communication pose des problèmes à ce que vous appelez les filtres officiels, c'est-à-dire les médiateurs (journalistes, experts, etc...). Ils ne peuvent plus remplir comme avant leur rôle d’intermédiaire entre le réel et le public. Car le public veut se faire sa propre idée du réel. Et il peut désormais le faire s’il possède la capacité de se diriger avec sagacité dans l’océan des informations. Il devient aussi émetteur voire source d’information. Nous ne sommes pas là seulement en présence d’un problème de concurrence, mais face à une véritable remise en question de la crédibilité des médiateurs traditionnels qui devront opérer une véritable révolution idéologique s’ils veulent survivre à terme.


Denis Failly - S’il est une discipline ou du moins un corpus de connaissances en construction, d'origine anglo-saxonne (Travaux de Dawkins et Blackmore) peu discutée en France (excepté par Pascal Jouxtel et la SFM*) dont vous parlez à de nombreuses reprises dans le livre, c'est bien de la Mémétique qui serait donc à la culture (le Mème) ce que sont les gènes à la biologie dans la dimension de transmission et de réplication de l'information, des idées, des stéréotypes, rumeurs, des pratiques du quotidien (Michel de Certeau).

Si on prend l'image d'un saut continuel de "cerveaux en cerveaux", l''histoire de l'homme (ce qu'il fait, dit, transmet, invente...) des origines à aujourd'hui serait donc en partie une histoire de transmission et de reproduction culturelle, une saga mémétique en somme, ce qui pose par exemple aujourd'hui aussi la question de la part identifiable d'idées, innovations, concepts réellement nouveaux et inédits (et selon quels critères) dans nombre de domaines des activités humaines ?

Gérard Ayache - Il est vrai que la mémétique est une discipline peu étudiée (voire méprisée) en France. Peut-être en avons-nous un peu peur car elle remet en question des pans entiers de notre pensée (notamment structuraliste). Elle est pourtant un bon moyen pour comprendre l’évolution des phénomènes culturels et éviter de se laisser berner par les discours réducteurs sur le génie et le progrès humain. Ce que la mémétique montre notamment, c’est que les projections de l’homme (ses innovations technologiques par exemple), se déploient et s’enrichissent selon un véritable schéma évolutionnel. Le seau en plastique n’aurait pu exister s’il n’y avait eu, avant, un seau en bois. L’appareil photo numérique n’aurait pu voir le jour si l’appareil argentique n’avait jamais été inventé. Chaque innovation est le fruit d’une évolution qu’on le veuille ou non. Plus encore, ces innovations, ces techniques, une fois projetées, nous échappent, elles participent toutes seules au grand bal de l’évolution avec ses déchets, ses ratés et ses stars...

Denis Failly - Les interrogations que pose Homo Sapiens 2.0 (à l'instar d'un Ray Kurzweil, Hans Moravec, Teilhard de Chardin et son point Omega en son temps...) s'inscrivent dans la période actuelle où beaucoup s'interrogent sur le devenir de notre humaine condition.
A l'aune des recherches en génétique, bio, neuro et nano technologies, interfaces hommes machines...qui s'accélèrent les interrogations quant aux devenir de l'humain font florès, dans de multiples domaines et à divers échelles qui ne se sont pas nécessairement concertées (thème de la rupture, de la civilisation, du post humain, singularité...);
Pour reboucler avec ma première question sur le titre fort "Homo Sapiens 2.0", quel est votre regard sur ce que l'on peut imaginer être une prise de conscience, êtes vous optimistes et Homo Sapiens 2.0 est il le point final à "l'hominisation inachevé" dont parla Edgar Morin.

Gérard Ayache - Je ne pense pas du tout qu’homo sapiens 2.0 soit le stade ultime de l’hominisation. Nous n’en sommes qu’à une étape mais elle est cruciale. Plus que d’étape, il faudrait plutôt parler de carrefour. Homo sapiens 2.0 peut s’engager dans une voie qui le mènera, à relativement brève échéance, à sa perte. Une autre voie, au contraire le mènerait vers une intelligence augmentée, constructive, positive pour l’espèce humaine ; une autre voie enfin peut nous diriger vers une scission de l’espèce en infra ou ultra-humains. Rien ne peut aujourd’hui nous inciter à être plutôt optimiste ou plutôt pessimiste. Le jeu est ouvert. Il nous appartient à tous de décider si le bonum humanum comme disent les philosophes, le « bien humain » -sans avoir besoin de le préciser plus- est bafoué ou respecté dans le moindre de nos actes.

Denis Failly - Gérard Ayache je vous remercie.

 

*SFM: Société Francophone de mémétique

 

 

 

 

03.06.2008

Metavers une nouvelle dimension

Un article de Yohan Launay et Nicolas Mas co-dirigeants et créateurs de ConceptSL

Depuis quelques temps nous parlons beaucoup de mondes virtuels, de 3D sur Internet (le Web 3D), de Web 2.0 et autres médias sociaux. Mais quel est le point commun à tout cela ? L'Information - ou plutôt les informations, les données. Qu'est-ce qu'un site Internet si ce n'est la mise en forme du contenu d'une base de données ? Qu'est-ce qu'un chat si ce n'est un échange d'information entre deux ou plusieurs individus ? Qu'est-ce qu'un avatar si ce n'est une représentation (symbolique) des informations concernant un individu (fantasmé ou non) ?

Depuis toujours nous prétextons des limites technologiques à la représentation de l'information. Nous avons tendance à la cantonner à une ou plusieurs dimensions, à une interprétation voire parfois à une temporalité. Or les informations ne sont-elles pas plutôt intemporelles et sans forme particulière comme le mot « in-formation » semble le suggérer ? Chez ConceptSL, nous comprenons l'information comme un ensemble : un tissu d'informations ou ectoplasme, qui prendrait forme en fonction d'un contexte particulier, pour servir un besoin particulier. Nous détachons la forme originelle de la forme finale et de sa finalité.

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Quand l’in-formation prend forme
(cliquez pour agrandir)
 

Comment l’Observation fige l’Information

Faisons un parallèle avec la physique : Les scientifiques, avant l'arrivée de la physique quantique, ont toujours pensés que l'on pourrait prédire l'avenir. En théorie il suffirait de connaître la position, la direction et la vitesse de l'ensemble des particules de l'univers à un instant précis pour pouvoir calculer leurs prochaines positions, directions, vitesses à l'instant d'après. En théorie seulement... Ils se sont aperçus que lorsque l'on mesurait l’état des particules on en modifiait obligatoirement au moins un des paramètres. Ceci étant dû à l’acte même de mesure qui implique une interaction entre les instruments de mesure et les particules. Or c'est précisément cette interaction qui va, à des niveaux infinitésimaux, conduire à la modification de l’état de la particule...

On voit ici que l'observateur, par le biais de ses instruments de mesure, va conduire à "figer" les particules dans un état particulier, quelle que soit leur forme originelle et ce à chaque nouvelle mesure. Si nous rapprochons cela de notre tissu d'informations, le fait d'afficher une page Internet va demander aux machines d'aller piocher les informations à droite et à gauche pour au final la figer dans un état précis pour permettre à l'Internaute d'en prendre connaissance. Un site Web partiellement ou dans son intégralité est donc une fenêtre ouverte sur le tissu d'informations dont on va attraper au vol les éléments qui nous intéressent pour les servir aux utilisateurs.


L’Observateur peut-il être passif ?


Si l'on prend en compte la notion de personnalisation - le fameux cinquième P du Marketing -, on doit alors considérer l'utilisateur et ses goûts et préférences comme intégré dans ce tissu global. En effet, la forme que vont adopter les informations sera modifiée selon les différents utilisateurs, les différents navigateurs utilisés, la résolution d'écran, les contraintes matérielles et logicielles, les préférences et options d'affichage, la sélection des morceaux d'infos que l'on souhaite afficher, etc.  - la liste de paramètres est quasi infinie.


La réaction en chaîne de l’information


Au final la conjonction des utilisateurs et leurs différents inputs vont altérer l'information de manière indélébile pour le reste de la communauté : Si je publie un article sur un blog, il va être répercuté dans les RSS, par email, les newsletters, les agrégateurs et autres portails. L'information évolue donc en fonction du temps et des inputs des utilisateurs, observateurs et contributeurs de ces informations. Un observateur va lui-même laisser des traces dans les statistiques du site, dans son profil, dans la base de données. Traces qui vont altérer à l'autre bout de la chaîne ce qui sera reçu par les autres observateurs. Existe-t-il donc réellement des observateurs "passifs" dans le contexte actuel d'Internet ? A notre avis non...

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Réaction en chaîne : ici la fission nucléaire

(Cliquez pour agrandir) 

 

Abondance d’informations et challenges de demain

Avec cette abondance d'informations, sans cesse renouvelées, aux formes figées diverses et variées, les utilisateurs finaux sont complètement perdus. Souvent ils passent plus de temps à trier leur boite email et leur spam qu'à lire les emails réellement intéressants ! Et notez que nous n’avons toujours pas introduit la notion de dimension...

En réalité, les challenges de demain demanderont de créer une nouvelle dimension, par delà la 2D, la 3D, l'hypertexte et autres échanges verticaux et horizontaux.

Il faut en fait créer une dimension - mélange le réel et le virtuel, le temporel et l'intemporel - où l'information nous parvient quand on en a besoin, sous la forme nécessaire à sa compréhension et à son appréhension, quelle que soit sa forme d'origine.

Cela va passer par la conjonction et la combinaison des différentes technologies disponibles aujourd'hui - mobile, Internet et autres médias multiples - et des technologies encore à développer - objets communicants, capteurs sensoriels, généralisation du wifi, nouvelles interfaces avec les machines, intelligence artificielle, réalité augmentée, nanotechnologies ...

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Peut-être cette dimension, mélange de toutes les dimensions s’appelle-t'elle "Métavers"... univers où la technologie se mélange alors avec la philosophie.

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Terminons sur cette citation d'Arthur C. Clarke, auteur de science-fiction connu notamment pour avoir écrit 2001, Odyssée de l'Espace : "Any sufficiently advanced technology is indistinguishable from magic!".

Yohan Launay et Nicolas Mas
 

bc711dbb065c676f233c8c27871b4464.jpgYohan Launay, Ingénieur Informatique et NTIC [EFREI– McGill], codirige le cabinet de conseil ConceptSL spécialisé dans le Web 3D et les Mondes Virtuels. Depuis 2006, avec son associé Nicolas Mas, Ingénieur Systèmes [EFREI], ils identifient, décortiquent et combinent les nouvelles technologies pour aider les entreprises dans leur démarche d’innovation.

 Site Web : http://www.ConceptSL.com

Téléchargez l’article



 

14.04.2008

Prospective, cartographie intuitive

Autour de la prospective par René Duringer (Smart Futur) et de son caractère protéiforme en univers incertain et complexe (Pierre Massé l'un des fondateurs de l'école Française de la Prospective avec Berger, Jouvenel...), parlait déjà d'Indiscipline Intellectuelle). voir aussi mon article Perspective d'une prospective client

 

21.03.2008

Tendances 2008 et +

Un document en PDF rédigé par René Duringer fondateur de Smart Futur et animateur du groupe Yahoo Futur prospective

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Cliquez dans l'image pour accéder au document

 

 

07.03.2008

L’apport à la prospective et à l’innovation des analyses situationnelles et des raisonnements inductifs

Une Interview de Jean-Pierre Malle
Président Fondateur de M8 Groupe et administrateur de la
Fabrique du Futur 

Vous développez des travaux pointus sur les analyses situationnelles et les algorithmes inductifs. Quelle est l’origine de votre intérêt pour ces domaines ?

338c6a67ca60a6caca3c34bde9c318af.gif Dans les années 80-85, lorsque je travaillais dans le secteur de la robotique et que je concevais des systèmes dédiés à des unités d’assemblage semi-automatiques, je me suis préoccupé des situations personnelles des opérateurs quand j’ai réalisé que celles-ci influaient beaucoup sur les performances, les questions de maintenance, etc. Or les situations des individus n’étaient jamais prises en compte…
Par la suite, entre 1985 et 1995, dans le cadre de mon métier d’ingénieur en organisation chez Thalès je me suis intéressé au rôle de l’individu dans le pilotage de systèmes complexes. Je voulais qu’on redonne aux individus les moyens de contrôler les situations rencontrées.
A partir de là, j’ai conduit des recherches portant sur la modélisation des situations (modèles de capacité-maturité) et sur les algorithmes inductifs.
L’idée de base sur laquelle repose mes recherches, est que l’analyse de situations permet de voir ce que les situations induisent ou peuvent induire. On ouvre ainsi le champ des possibles.


En quoi consistent les algorithmes inductifs ?

Les algorithmes inductifs constituent la troisième catégorie des algorithmes après les algorithmes déductifs et les algorithmes génétiques.
  • Les algorithmes déductifs permettent de dérouler des raisonnements préétablis qui traitent de façon strictement répétitive des données en entrée pour en déduire des données en sortie.
  • Les algorithmes génétiques introduisent une certaine dose d’évolution dans le traitement ce qui permet de varier les données de sortie obtenues avec les même données d’entrée. La variation peut être aléatoire ou fonction des traitements effectués par le passé. Dans ce dernier cas on parle d’apprentissage.
  • Les algorithmes inductifs reposent sur des principes de généralisation qui permettent d’essayer des traitements sur des données qui n’étaient pas prévues pour cela, en élargissant de façon arbitraire leur champ d’application.
De longue date les raisonnements inductifs ont été décriés en raison des risques d’erreurs qu’ils génèrent.
La normalisation bien pensante les a exclus de toute formation leur préférant l’esthétique du raisonnement déductif.
Or force est de constater que l’usage au sein de notre société relève bien plus de comportements inductifs que déductifs. Mettez un produit dans les mains de millions de personnes et vous verrez émerger de nouveaux emplois de ce produit qui curieusement, répondent à des principes inductivistes.
La construction d’une machine inductive permettant de traiter efficacement de l’évolution probable de situations est un chantier qui nécessite plusieurs composantes :
  • La définition d’un cadre d’application suffisamment restreint pour rendre possible sa construction avec des moyens actuels,
  • La définition d’un langage approprié pour manipuler les situations,
  • Une architecture répartie et parallèle rendue possible par l’interconnexion de machines en réseau,
  • Un dispositif de supervision permettant de contrôler la convergence du système.
Une machine inductive est assimilable à un organisme vivant qui se charge d’un passé, intègre des nouvelles notions, les applique parfois de façon abusive, commet des erreurs et les corrige.
De telles machines ont déjà été construites par le passé de façon volontaire ou non. Nous retrouvons ces principes notamment dans les systèmes de gestion des réseaux ou dans certains virus informatiques.


Quels sont réellement les avantages de vos démarches par rapport aux solutions actuelles ?

Les solutions actuelles d’analyse de situation reposent à 99% sur des principes déductifs ou par apprentissage.
Prenons l’exemple des sites Internet de mise en relation. La plupart d’entre eux sont composés d’un annuaire des offres et d’un moteur de recherche. Pour l’utiliser vous devez décrire ce que vous proposez ou qui vous êtes puis attendre que quelqu’un fouille dans tout çà pour peut être « tomber » sur votre fiche.
Leur seule valeur ajoutée réside dans la définition des critères de recherche, la taille de la base annuaire et dans la puissance du moteur.
Mais l’attente de celui qui offre est uniquement que son offre trouve preneur. Rien ne lui sert de mettre en vitrine quelque chose qui n’a pas d’acheteur, cela constitue un volume stérile.
De même l’attente de celui qui cherche n’est pas de passer son temps à fouiller mais d’obtenir rapidement des solutions, peu lui importe que ces solutions soient ou non dans la base.
Le nombre de cas de correspondance obtenu par déduction est par nature très faible. Les offreurs ne pensent généralement pas à tout décrire se privant de critères gagnants, ceux qui cherchent ne savent généralement pas bien décrire non plus leur besoin et les moteurs sont souvent très sélectifs voire bornés.
La conséquence est dramatique, chacun se plaint que plus l’accès à l’information est large et plus le système est chronophage et moins les chances de réussite sont grandes, ce qui parait paradoxal. Combien d’heures une personne accepte-t-elle de perdre chaque jour pour retrouver l’essentiel dans ses mails, dans ses bases, sur le web ? Combien de recherches infructueuses accepte-t-on avant de jeter l’éponge ?
De part leur structure, de tels systèmes ne peuvent remplacer l’homme avec son caractère imaginatif, dans sa capacité à aller au-delà du problème, à élargir son champ de vision, à ouvrir de nouveaux espaces de solution. Tous ces principes relèvent de l’induction.


Sur quoi cela a-t-il concrètement débouché ?

En 1998, en capitalisant sur mon expérience, j’ai pu intégrer mes travaux dans l’offre d’une société que j’ai créée (la société M8). Au début, l’intégration s’est faite dans des méthodes d’organisation agiles (offre Célérial) et aussi dans des offres de formation par mise en situation. Puis, l’incorporation s’est étendue à du conseil en organisation, des process de création, des études d’externalisation, bref tous domaines où il y a des situations complexes à gérer.


Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Ces dernières années (entre 2004 et 2006), j’ai créé un langage et j’ai amélioré les algorithmes.
En 2006, j’ai créé la société Ensuite Informatique pour encapsuler les analyses situationnelles dans des machines car il est plus facile de vendre des solutions packagées sous forme de produits.
Ensuite Informatique propose trois gammes de produits :
  • Meri+ : cette gamme vise les sites Internet de vente ou de mise en relation. Dans cette gamme nous avons 45 moteurs dont 12 sont qualifiés, 18 sont en développement et 15 en projet.
  • Dynial : cette gamme vise la prise en compte de situations liées à une problématique habituelle (formation, call centers, prospection, risques, décryptages de vidéos, intelligence économique).
  • Syger : cette gamme concerne des applications sur mesure ainsi que les grands réseaux multicellulaires ayant à gérer des situations très complexes

Y a-t-il des débouchés ? Quelles ont les applications possibles ?

Nous avons analysé les débouchés en faisant en 2007 des sondages auprès de nos clients et prospects. Cela nous a permis de démontrer l’intérêt du marché. D’ailleurs, nous avons pu vérifier que le concept démarrait aussi aux USA, même si là-bas les applications sont très sectorisées.
Les applications de ce que j’ai développé peuvent se classer en trois typologies : les applications d’optimisation, les applications de simulation, les applications de détection d’émergences.


Quelles sont les applications plus directement liées à l’innovation et à la prospective ?

En liaison avec e-Mergences, nous avons développé ce que nous appelons EmergencesLab pour répondre de façon très novatrice à une problématique nouvelle dont nous sommes témoins.
En effet, tout le monde s’accorde aujourd’hui à considérer la situation de l’utilisateur d’un produit comme élément fondamental et déterminant pour toute approche marketing.
Les bases de données existantes sur les individus (clients, personnels, candidats, abonnés, usagers, etc.…), sur les produits et les objets, les sites internet, les messageries électroniques, sont autant de structures que les moteurs de recherche savent parcourir.
Il ne s’agit plus de caractériser les populations mais bien de comprendre les situations dans lesquelles chaque utilisateur se trouve et exploiter toute nouvelle application émergente.
La première vague Internet a permis d’élargir le champ des données accessibles à chacun et a été consacrée à la mise à disposition et à la circulation d’information. On a vu à cette occasion émerger de nombreuses entreprises fournisseurs de contenu. Aujourd’hui la technologie est entièrement maîtrisée et l’innovation se fait plus rare.
La deuxième vague est consacrée à la gestion du sens porté par l’information, la compréhension de la situation et les relations entre les acteurs. Elle se caractérise par la prise en compte des contextes et pour ce faire nécessite des progrès importants en matière de technologie.
Il se trouve que la notion de situation correspond à une structure d’information composée de données complexes. Cette structure est suffisamment porteuse de sens pour constituer une réelle évolution des architectures de systèmes d’information. Pour autant, elle est aussi suffisamment simple pour lui permettre de pouvoir être supportée sans attendre de ruptures technologiques.
Nous pensons être aujourd’hui à l’aube de l’avènement de machines d’un genre nouveau dédiées à l’analyse et la simulation situationnelle. L’émergence de produits tels que second life est en une illustration.


Bio: "Ingénieur ESIM, Jean Pierre Malle a exercé pendant 15 ans au sein du groupe Thales sur de nombreux projets secret défense puis au sein de la Direction de l’Organisation et de la Qualté.
Investisseur depuis 15 ans et un des fondateurs de l’association Finances et Technologie qui rapproche des investisseurs et des porteurs de projets de haute technologie, Jean Pierre Malle possède aussi une riche expérience de créateur d’entreprise.
Après une sortie industrielle en juin 2000, il décide de développer une compétence acquise au cours de ses expériences en analyse situationnelle et développe le groupe M8.
Ses interventions se déroulent au sein des directions de la stratégie et des directions opérationnelles de grands groupes dans des secteurs divers tels que la téléphonie avec Bouygues Telecom, l’audiovisuel avec TF1, la banque avec Lloyds ou Banque de France, l’industrie avec Labor Hako, Electrabel ou IBM, les services avec Europcar, les administrations et aussi auprès de nombreuses PME ou TPE
Créateur de méthodes telles que des méthodes pour rendre les organisations agiles, des méthodes d’analyse situationnelles, des méthodes de modélisation des comportements il met a profit son expérience pour le développement de systèmes informatiques au service du monde de l’internet..."
 
Sites web :

02.12.2007

HUMANITE 2.0 - Singularité

Humanité 2.0,
La bible du changement

Une interview de Ray Kurzweil  autour de Humanité 2.0, La bible du changement (M21 Editions, 2007)
Titre original "The Singularity Is Near: When Humans Transcend Biology"

 

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Denis Failly - Welcome Ray Kurzweil and thank you to grant me a interview for the french blog dedicated to innovation and futur: Les Entretiens du Futur. Let's go now in the heart of the matter. What is "Singularity" the center peace of your book  "The Singularity Is Near: When Humans Transcend Biology" ?

Ray Kurzveil - 0059e9fbab831b2f565910dce8a40994.jpgWithin a quarter century, nonbiological intelligence will match the range and subtlety of human intelligence. It will then soar past it because of the continuing acceleration of information-based technologies, as well as the ability of machines to instantly share their knowledge. Intelligent nanorobots will be deeply integrated in our bodies, our brains, and our environment, overcoming pollution and poverty, providing vastly extended longevity, full-immersion virtual reality incorporating all of the senses (like “The Matrix”), "experience beaming” (like “Being John Malkovich”), and vastly enhanced human intelligence.  The result will be an intimate merger between the technology-creating species and the technological evolutionary process it spawned.

Nonbiological intelligence will have access to its own design and will be able to improve itself in an increasingly rapid redesign cycle. We’ll get to a point where technical progress will be so fast that unenhanced human intelligence will be unable to follow it. That will mark the Singularity.

I set the date for the Singularity—representing a profound and disruptive transformation in human capability—as 2045. The nonbiological intelligence created in that year will be one billion times more powerful than all human intelligence today.

The term “Singularity” in my book is comparable to the use of this term by the physics community. Just as we find it hard to see beyond the event horizon of a black hole, we also find it difficult to see beyond the event horizon of the historical Singularity. How can we, with our limited biological brains, imagine what our future civilization, with its intelligence multiplied trillions-fold, be capable of thinking and doing? Nevertheless, just as we can draw conclusions about the nature of black holes through our conceptual thinking, despite never having actually been inside one, our thinking today is powerful enough to have meaningful insights into the implications of the Singularity. That’s what I’ve tried to do in this book.



Denis Failly - You talk us about the ability of futur machine to reach and overpass the ability of computation of human brain (and even human race) could you give us some elements of comparison, some order of magnitude  about this "futur software of human intelligence"


Ray Kurzweil -
In the book, I show how we need about 10 quadrillion (10^16) calculations per second (cps) to provide a functional equivalent to all the regions of the brain. Some estimates are lower than this by a factor of 100. Supercomputers are already at 100 trillion (10^14) cps, and will hit 10^16 cps around the end of this decade. Several supercomputers with 1 quadrillion cps are already on the drawing board, with two Japanese efforts targeting 10 quadrillion cps around the end of the decade. By 2020, 10 quadrillion cps will be available for around $1,000. Achieving the hardware requirement was controversial when my last book on this topic, The Age of Spiritual Machines, came out in 1999, but is now pretty much of a mainstream view among informed observers. Now the controversy is focused on the algorithms.

To understand the principles of human intelligence we need to reverse-engineer the human brain. Here, progress is far greater than most people realize. The spatial and temporal (time) resolution of brain scanning is also progressing at an exponential rate, roughly doubling each year, like most everything else having to do with information. Just recently, scanning tools can see individual interneuronal connections, and watch them fire in real time. Already, we have mathematical models and simulations of a couple dozen regions of the brain, including the cerebellum, which comprises more than half the neurons in the brain. IBM is now creating a simulation of about 10,000 cortical neurons, including tens of millions of connections. The first version will simulate the electrical activity, and a future version will also simulate the relevant chemical activity. By the mid 2020s, it’s conservative to conclude that we will have effective models for all of the brain.

At that point, we’ll have a full understanding of the methods of the human brain. One benefit will be a deep understanding of ourselves, but the key implication is that it will expand the toolkit of techniques we can apply to create artificial intelligence. We will then be able to create nonbiological systems that match human intelligence in the ways that humans are now superior, for example, our pattern- recognition abilities. These superintelligent computers will be able to do things we are not able to do, such as share knowledge and skills at electronic speeds.

By 2030, a thousand dollars of computation will be about a thousand times more powerful than a human brain. Keep in mind also that computers will not be organized as discrete objects as they are today. There will be a web of computing deeply integrated into the environment, our bodies and brains.


Denis Failly - Is it time of AI (Artificial Intelligence) return ?


Ray Kurzweil - There was a boom and bust cycle in AI during the 1980s, similar to what we saw recently in e-commerce and telecommunications. Such boom-bust cycles are often harbingers of true revolutions; recall the railroad boom and bust in the 19th century. But just as the Internet “bust” was not the end of the Internet, the so-called “AI Winter” was not the end of the story for AI either. There are hundreds of applications of “narrow AI” (machine intelligence that equals or exceeds human intelligence for specific tasks) now permeating our modern infrastructure. Every time you send an email or make a cell phone call, intelligent algorithms route the information. AI programs diagnose electrocardiograms with an accuracy rivaling doctors, evaluate medical images, fly and land airplanes, guide intelligent autonomous weapons, make automated investment decisions for over a trillion dollars of funds, and guide industrial processes. These were all research projects a couple of decades ago. If all the intelligent software in the world were to suddenly stop functioning, modern civilization would grind to a halt. Of course, our AI programs are not intelligent enough to organize such a conspiracy, at least not yet.


Denis Failly - isn’t there any limits to expand the power of computation?


Ray Kurzweil - There are limits to the exponential growth inherent in each paradigm. Moore’s law was not the first paradigm to bring exponential growth to computing, but rather the fifth. In the 1950s they were shrinking vacuum tubes to keep the exponential growth going and then that paradigm hit a wall. But the exponential growth of computing didn’t stop. It kept going, with the new paradigm of transistors taking over. Each time we can see the end of the road for a paradigm, it creates research pressure to create the next one. That’s happening now with Moore’s law, even though we are still about fifteen years away from the end of our ability to shrink transistors on a flat integrated circuit. We’re making dramatic progress in creating the sixth paradigm, which is three-dimensional molecular computing.

The ultimate 2 pound computer could provide 1042 cps, which will be about 10 quadrillion (10^16) times more powerful than all human brains put together today. And that’s if we restrict the computer to staying at a cold temperature. If we allow it to get hot, we could improve that by a factor of another 100 million. And, of course, we’ll be devoting more than two pounds of matter to computing. Ultimately, we’ll use a significant portion of the matter and energy in our vicinity. So, yes, there are limits, but they’re not very limiting.


Denis Failly - Jumping over the 6 phases that you describe in your book, The singularity will be the point of merging  between our biological condition with three revolutions, where non biological intelligence transcend the biological one, shall we become a kind of human 2.0 ?


Ray Kurzweil -
In the book, I talk about three great overlapping revolutions that go by the letters “GNR,” which stands for genetics, nanotechnology, and robotics. Each will provide a dramatic increase to human longevity, among other profound impacts.


G as Genetics [NDLR]

Ray Kurzweil -
We’re in the early stages of the genetics—also called biotechnology—revolution right now. Biotechnology is providing the means to actually change your genes: not just designer babies but designer baby boomers. We’ll also be able to rejuvenate all of your body’s tissues and organs by transforming your skin cells into youthful versions of every other cell type. Already, new drug development is precisely targeting key steps in the process of atherosclerosis (the cause of heart disease), cancerous tumor formation, and the metabolic processes underlying each major disease and aging process. The biotechnology revolution is already in its early stages and will reach its peak in the second decade of this century, at which point we’ll be able to overcome most major diseases and dramatically slow down the aging process.

As we are learning about the information processes underlying biology, we are devising ways of mastering them to overcome disease and aging and extend human potential. One powerful approach is to start with biology's information backbone: the genome. With gene technologies, we're now on the verge of being able to control how genes express themselves. We now have a powerful new tool called RNA interference (RNAi), which is capable of turning specific genes off. It blocks the messenger RNA of specific genes, preventing them from creating proteins. Since viral diseases, cancer, and many other diseases use gene expression at some crucial point in their life cycle, this promises to be a breakthrough technology. One gene we’d like to turn off is the fat insulin receptor gene, which tells the fat cells to hold on to every calorie. When that gene was blocked in mice, those mice ate a lot but remained thin and healthy, and actually lived 20 percent longer.

New means of adding new genes, called gene therapy, are also emerging that have overcome earlier problems with achieving precise placement of the new genetic information. One company I’m involved with, United Therapeutics, cured pulmonary hypertension in animals using a new form of gene therapy and it has now been approved for human trials.

Another important line of attack is to regrow our own cells, tissues, and even whole organs, and introduce them into our bodies without surgery. One major benefit of this “therapeutic cloning” technique is that we will be able to create these new tissues and organs from versions of our cells that have also been made younger the emerging field of rejuvenation medicine. For example, we will be able to create new heart cells from your skin cells and introduce them into your system through the bloodstream. Over time, your heart cells get replaced with these new cells, and the result is a rejuvenated “young” heart with your own DNA.

Drug discovery was once a matter of finding substances that produced some beneficial effect without excessive side effects. This process was similar to early humans’ tool discovery, which was limited to simply finding rocks and natural implements that could be used for helpful purposes. Today, we are learning the precise biochemical pathways that underlie both disease and aging processes, and are able to design drugs to carry out precise missions at the molecular level.
The scope and scale of these efforts is vast.

But perfecting our biology will only get us so far. The reality is that biology will never be able to match what we will be capable of engineering, now that we are gaining a deep understanding of biology's principles of operation.



N as Nano revolution [NDLR]


Ray Kurzweil - With nanotechnology, we will be able to go beyond the limits of biology, and replace your current “human body version 1.0” with a dramatically upgraded version 2.0, providing radical life extension.
The “killer app” of nanotechnology is “nanobots,” which are blood-cell sized robots that can travel in the bloodstream destroying pathogens, removing debris, correcting DNA errors, and reversing aging processes.

We’re already in the early stages of augmenting and replacing each of our organs, even portions of our brains with neural implants, the most recent versions of which allow patients to download new software to their neural implants from outside their bodies. In the book, I describe how each of our organs will ultimately be replaced. For example, nanobots could deliver to our bloodstream an optimal set of all the nutrients, hormones, and other substances we need, as well as remove toxins and waste products.

The gastrointestinal tract could be reserved for culinary pleasures rather than the tedious biological function of providing nutrients. After all, we’ve already in some ways separated the communication and pleasurable aspects of sex from its biological function.

As another example, a nanotechnology theorist, Rob Freitas, has a conceptual design for nanobots that replace our red blood cells. A conservative analysis shows that if you replaced 10 percent of your red blood cells with Freitas’ “respirocytes,” you could sit at the bottom of a pool for four hours without taking a breath.


R as Robotics [NDLR]

Ray Kurzweil - The robotics revolution, which really refers to “strong” AI, that is, artificial intelligence at the human level, which we talked about earlier. We’ll have both the hardware and software to recreate human intelligence by the end of the 2020s. We’ll be able to improve these methods and harness the speed, memory capabilities, and knowledge- sharing ability of machines.


To scan the brain and recreate it [NDLR]


Ray Kurzweil - We’ll ultimately be able to scan all the salient details of our brains from inside, using billions of nanobots in the capillaries. We can then back up the information. Using nanotechnology-based manufacturing, we could recreate your brain, or better yet reinstantiate it in a more capable computing substrate.

Our biological brains use chemical signaling, which transmit information at only a few hundred feet per second. Electronics is already millions of times faster than this. In the book, I show how one cubic inch of nanotube circuitry would be about one hundred million times more powerful than the human brain. So we’ll have more powerful means of instantiating our intelligence than the extremely slow speeds of our interneuronal connections.

The nanobots will keep us healthy, provide full-immersion virtual reality from within the nervous system, provide direct brain-to-brain communication over the Internet, and otherwise greatly expand human intelligence. But keep in mind that nonbiological intelligence is doubling in capability each year, whereas our biological intelligence is essentially fixed in capacity. As we get to the 2030s, the nonbiological portion of our intelligence will predominate.

Our interneuronal connections compute at about 200 transactions per second, at least a million times slower than electronics.


Denis Failly - What do you answer to people who think that , old age, ills, death, are the normal fate (Human entropy if I can say) of our existence and we have note to interfere with it ?


Ray Kurzweil -
Aging may be “natural,” but I don’t see anything positive in losing my mental agility, sensory acuity, physical limberness, sexual desire, or any other human ability.

In my view, death is a tragedy. It's a tremendous loss of personality, skills, knowledge, relationships. We've rationalized it as a good thing because that's really been the only alternative we've had. But disease, aging, and death are problems we are now in a position to overcome.


Denis Failly - How can you make such predictions in the technological developements which lead to Singularity?


Ray Kurzweil -
Predicting specific projects is indeed not feasible. But the result of the overall complex, chaotic evolutionary process of technological progress is predictable.

People intuitively assume that the current rate of progress will continue for future periods. Even for those who have been around long enough to experience how the pace of change increases over time, unexamined intuition leaves one with the impression that change occurs at the same rate that we have experienced most recently. From the mathematician’s perspective, the reason for this is that an exponential curve looks like a straight line when examined for only a brief duration. As a result, even sophisticated commentators, when considering the future, typically use the current pace of change to determine their expectations in extrapolating progress over the next ten years or one hundred years. This is why I describe this way of looking at the future as the “intuitive linear” view. But a serious assessment of the history of technology reveals that technological change is exponential. Exponential growth is a feature of any evolutionary process, of which technology is a primary example.

As I show in the book, this has also been true of biological evolution. Indeed, technological evolution emerges from biological evolution. You can examine the data in different ways, on different timescales, and for a wide variety of technologies, ranging from electronic to biological, as well as for their implications, ranging from the amount of human knowledge to the size of the economy, and you get the same exponential—not linear—progression. I have over forty graphs in the book from a broad variety of fields that show the exponential nature of progress in information-based measures. For the price-performance of computing, this goes back over a century, well before Gordon Moore was even born.

Predicting which company or product will succeed is indeed very difficult, if not impossible. The same difficulty occurs in predicting which technical design or standard will prevail. For example, how will the wireless-communication protocols Wimax, CDMA, and 3G fare over the next several years? However, as I argue extensively in the book, we find remarkably precise and predictable exponential trends when assessing the overall effectiveness (as measured in a variety of ways) of information technologies. And as I mentioned above, information technology will ultimately underlie everything of value.

We see examples in other areas of science of very smooth and reliable outcomes resulting from the interaction of a great many unpredictable events. Consider that predicting the path of a single molecule in a gas is essentially impossible, but predicting the properties of the entire gas—comprised of a great many chaotically interacting molecules—can be done very reliably through the laws of thermodynamics. Analogously, it is not possible to reliably predict the results of a specific project or company, but the overall capabilities of information technology, comprised of many chaotic activities, can nonetheless be dependably anticipated through what I call "the law of accelerating returns."


Denis Failly - The future that you describe us generate at the same time some hopes and some perils, isn't it a utopian vision ?


Ray Kurzweil -
A common mistake that people make when considering the future is to envision a major change to today’s world, such as radical life extension, as if nothing else were going to change. The GNR revolutions will result in other transformations that address this issue. For example, nanotechnology will enable us to create virtually any physical product from information and very inexpensive raw materials, leading to radical wealth creation. We’ll have the means to meet the material needs of any conceivable size population of biological humans. Nanotechnology will also provide the means of cleaning up environmental damage from earlier stages of industrialization.

It’s true that the dramatic scale of the technologies of the next couple of decades will enable human civilization to overcome problems that we have struggled with for eons. But these developments are not without their dangers. Technology is a double edged sword—we don’t have to look past the 20th century to see the intertwined promise and peril of technology.

G, N, and R each have their downsides. The existential threat from genetic technologies is already here: the same technology that will soon make major strides against cancer, heart disease, and other diseases could also be employed by a bioterrorist to create a bioengineered biological virus that combines ease of transmission, deadliness, and stealthiness, that is, a long incubation period. The tools and knowledge to do this are far more widespread than the tools and knowledge to create an atomic bomb, and the impact could be far worse.


Denis Failly - In front of inerty, ignorance, misunderstanding, precaution principle, don't you think that some Research (GNR...), technological advances, have to be postponed ?


Ray Kurzweil -
It’s a little late for that. But the idea of relinquishing new technologies such as biotechnology and nanotechnology is already being advocated. I argue in the book that this would be the wrong strategy. Besides depriving human society of the profound benefits of these technologies, such a strategy would actually make the dangers worse by driving development underground, where responsible scientists would not have easy access to the tools needed to defend us.

I discuss strategies for protecting against dangers from abuse or accidental misuse of these very powerful technologies in chapter 8. The overall message is that we need to give a higher priority to preparing protective strategies and systems. We need to put a few more stones on the defense side of the scale. I’ve given testimony to Congress on a specific proposal for a “Manhattan” style project to create a rapid response system that could protect society from a new virulent biological virus. One strategy would be to use RNAi, which has been shown to be effective against viral diseases. We would set up a system that could quickly sequence a new virus, prepare a RNA interference medication, and rapidly gear up production. We have the knowledge to create such a system, but we have not done so. We need to have something like this in place before its needed.

Ultimately, however, nanotechnology will provide a completely effective defense against biological viruses.


Denis Failly - If « machines » Nano robots acquire the power of replication like Virus, and are empowered of non biological intelligence they could auto-decide and win, in the extrem, a complete autonomy and why not to become agressive, so which control shall we keep on this risk, shall we create some machines anti-machines ?


Ray Kurzweil -
The existential threat from engineered biological viruses exists right now.
There are already proposals for ethical standards for nanotechnology that are based on the Asilomar conference standards that have worked well thus far in biotechnology. These standards will be effective against unintentional dangers. For example, we do not need to provide self-replication to accomplish nanotechnology manufacturing.

We’ll need to create a nanotechnology immune system—good nanobots that can protect us from the bad ones.

I’ve debated this particular point with a number of other theorists, but I show in the book why the nanobot immune system we put in place will need the ability to self-replicate. That’s basically the same “lesson” that biological evolution learned.
Ultimately, however, strong AI will provide a completely effective defense against self-replicating nanotechnology.

History teaches us that the more intelligent civilization—the one with the most advanced technology—prevails. But I do have an overall strategy for dealing with unfriendly AI, which I discuss in chapter 8.


Denis Failly - We live in age of non synchronization, between time of the Technology, and time of institutions, politics, citizens...so this revolution will have a deep impact on the running of our Civilization (sociological, anthropological, organizational, juridical, éthical...) so how to run this asymmetry and to face the opposition ?


Ray Kurzweil -
There were objections to the plow also, but that didn’t stop people form using it. The same can be said for every new step in technology. Technologies do have to prove themselves. For every technology that is adopted, many are discarded. Each technology has to demonstrate that it meets basic human needs. The cell phone, for example, meets our need to communicate with one another. We are not going to reach the Singularity in some single great leap forward, but rather through a great many small steps, each seemingly benign and modest in scope.


Denis Failly - What about unequal population access to life extension and superintelligence that could suppose Singularity age ?


Ray Kurzweil - We need to consider an important feature of the law of accelerating returns, which is a 50 percent annual deflation factor for information technologies, a factor which itself will increase. Technologies start out affordable only by the wealthy, but at this stage, they actually don’t work very well. At the next stage, they’re merely expensive, and work a bit better. Then they work quite well and are inexpensive. Ultimately, they’re almost free. Cell phones are now at the inexpensive stage. There are countries in Asia where most people were pushing a plow fifteen years ago, yet now have thriving information economies and most people have a cell phone. This progression from early adoption of unaffordable technologies that don’t work well to late adoption of refined technologies that are very inexpensive is currently a decade-long process. But that too will accelerate. Ten years from now, this will be a five year progression, and twenty years from now it will be only a two- to three-year lag.

This model applies not just to electronic gadgets but to anything having to do with information, and ultimately that will be mean everything of value, including all manufactured products. In biology, we went from a cost of ten dollars to sequence a base pair of DNA in 1990 to about a penny today. AIDS drugs started out costing tens of thousands of dollars per patient per year and didn’t work very well, whereas today, effective drugs are about a hundred dollars per patient per year in poor countries. That’s still more than we’d like, but the technology is moving in the right direction. So the digital divide and the have-have not divide is diminishing, not exacerbating. Ultimately, everyone will have great wealth at their disposal.


Denis Failly - And God in all this ?

Ray Kurzweil - Although the different religious traditions have somewhat different conceptions of God, the common thread is that God represents unlimited—infinite—levels of intelligence, knowledge, creativity, beauty, and love. As systems evolve—through biology and technology—we find that they become more complex, more intelligent and more knowledgeable. They become more intricate and more beautiful, more capable of higher emotions such as love. So they grow exponentially in intelligence, knowledge, creativity, beauty, and love, all of the qualities people ascribe to God without limit. Although evolution does not reach a literally infinite level of these attributes, it does accelerate towards ever greater levels, so we can view evolution as a spiritual process, moving ever closer to this ideal. The Singularity will represent an explosion of these higher values of complexity.


Denis Failly - Why so few people (even in France) talk us about these deep changes which will impact deeply on our existence and our reason why ?


Ray Kurzweil -
Hopefully after they read my new book, they will. But the primary failure is the inability of many observers to think in exponential terms. Most long-range forecasts of what is technically feasible in future time periods dramatically underestimate the power of future developments because they are based on what I call the “intuitive linear” view of history rather than the “historical exponential” view. My models show that we are doubling the paradigm-shift rate every decade. Thus the 20th century was gradually speeding up to the rate of progress at the end of the century; its achievements, therefore, were equivalent to about twenty years of progress at the rate in 2000. We’ll make another twenty years of progress in just fourteen years (by 2014), and then do the same again in only seven years. To express this another way, we won’t experience one hundred years of technological advance in the 21st century; we will witness on the order of 20,000 years of progress (again, when measured by the rate of progress in 2000), or about 1,000 times greater than what was achieved in the 20th century.

The exponential growth of information technologies is even greater: we’re doubling the power of information technologies, as measured by price-performance, bandwidth, capacity and many other types of measures, about every year. That’s a factor of a thousand in ten years, a million in twenty years, and a billion in thirty years. This goes far beyond Moore’s law (the shrinking of transistors on an integrated circuit, allowing us to double the price-performance of electronics each year). Electronics is just one example of many. As another example, it took us 14 years to sequence HIV; we recently sequenced SARS in only 31 days.

 

Remerciements à l'auteur Ray Kurzveil pour les éléments de contenus de cette interview ainsi qu'a Malo Girod de l'Ain
(M21 Editions).

Denis Failly 

 

12.10.2007

La mémétique et l'entreprise

Une contribution autour de la Mémétique pour les Entretiens du Futur, de 3 méméticiens: Pascal Jouxtel (Consultant Eurogoup) , Eric de Rochefort (Président de Human Side) et Charles Mougel (Spinodo), tous les trois membres de la Société francophone de mémétique.

 

Vers un monde de l'entreprise plus "vivant" ?

 

"Si hier un économiste à inspiré Darwin, aujourd’hui la théorie de l’évolution s’installe dans les entreprises. Le monde culturel peut aujourd’hui être observé par des approches issues du monde du vivant (information, communication, organisation, formation, marketing, management, ...) Les entreprises les plus efficaces doivent en effet s’adapter aux changements culturels de plus en plus rapides, ou au contraire affronter des racines culturelles bien solides. La mémétique étudie ces évolutions culturelles. Avec une approche pluridisciplinaire, elle apporte un autre regard sur le monde de l’entreprise. Pour le méméticien, le monde de entreprise est un sujet d’études possible, parmi d’autres (politique, recherche, éducation, design, technologies, sports, arts, sciences, ...) Pour une entreprise, ajouter à son savoir penser, une vision méméticienne, permet de mieux comprendre les équilibres culturels et les tendances en cours. Depuis le siècle dernier, génétique et agriculture ne cessent de se rapprocher. De la même manière, aujourd’hui, les entreprises utilisent une approche évolutionniste, parfois même sans le savoir."

 

Telle était l'accroche rédigée par le méméticien vosgien Charles Mougel en guise de présentation du 4e Colloque de la Société Francophone de Mémétique, réunie à la pépinière d'entreprise Epinal Golbey. Ce séminaire intitulé "Mèmes & Cies" se donnait pour but d'explorer les regards réciproques de la mémétique et de l'entreprise. Cette réciprocité est exprimée dans l'introduction prononcée par Pascal Jouxtel à l'ouverture du séminaire :

"L’entreprise est un lieu privilégié de reproduction des modèles, un lieu où l’on parle volontiers de code génétique de la marque, de reproduction des bonnes pratiques ou d’évolution des comportements. Elle est au cœur de la production de ce monde qui nous entoure, au coeur de ce qui a « poussé » et s’est organisé de soi-même, naturellement, entre les gens et les choses, en réponse à nos besoins. Les produits, les services et les marques, les organisations et les métiers, sont les fruits naturels de l’évolution. L’entreprise remplit une fonction que rien d’autre n’assure, celle de relier matériellement, par son influence sur le réel, des enjeux planétaires, tels que le réchauffement climatique, la fin des ressources pétrolières ou la mondialisation des échanges, avec des réalités biochimiques comme les émotions ou la boucle de la récompense, qui régit la motivation de chacun d’entre nous." C’est pourquoi « la mémétique regarde l’entreprise, et l’entreprise regarde la mémétique ». Au cours de ce séminaire, c’est la mémétique qui regardera l’entreprise, en tant que terrain privilégié d’observation et d’expérience, mais sitôt que le fruit de nos discussions sera accessible en ligne, via le site http://www.memetique.org, alors l’entreprise pourra commencer à regarder du côté de la mémétique !"

 

Pour ceux qui souhaitent une définition pragmatique, la grille d’analyse de décodage mémétique consiste à se demander, dans les choses  humaines et donc, dans les choses de l’entreprise : « qu’est-ce qui se reproduit ? ». Cette question est la clé d’accès aux mèmes, ou éléments de code culturel. Exemple : si une équipe se réunit régulièrement, qu’est-ce qui se reproduit ? D’abord, la conscience de l’unité symbolique de l’équipe. Mais aussi le rituel appelé « réunion », avec son ordre du jour, ses prises de parole, ses techniques de gestion du temps. C’est aussi la reconnaissance du statut du chef, et les logiques d’affrontement et de questionnement. Au passage se reproduisent aussi des choses plus prosaïques, comme l’usage du paperboard, des feutres, voire même des chaises et de la table !

 

On peut commenter brièvement, pour donner envie de se reporter aux comptes-rendus et aux présentations, les différents thèmes qui ont été abordés à Epinal :

 

1 - étude des "solutions" relatives aux objets, consistant à les fabriquer, à les distribuer, à les utiliser et à les faire disparaître. Pour les méméticiens - du moins ceux de l'école francophone – ces solutions font partie des véhicules de l'évolution mémétique, des créatures culturelles. On aurait trop vite fait, à tort, comme le font beaucoup d'apprentis méméticiens, de considérer que les humains sont porteurs de mèmes; c'est ce qui nous enferme dans la métaphore virale (les mèmes infectent les cerveaux), initialement intrigante mais peu féconde pour comprendre ce qui se passe réellement. Les objets en eux mêmes, ne sont pas porteurs de culture. C'est leur fabrication, leur utilisation, leur sémantique, qui est culturelle. Les objets ne sont que des traces facilement observables. Les méméticiens se concentrent donc, de manière de plus en plus précise, sur l'observation et la modélisation de ces interactions objets/humains. Car ce sont ces interactions